Salifou Diallo : De l’idéal au réel

Il n’est plus qu’un vif souvenir dans la mémoire commune burkinabè. Salifou Diallo, le Baobab politique tombé les armes à la main, a marqué son temps, le temps de son existence. Il a gravé son nom au panthéon des lutteurs politiques catégories « poids lourds ». Une vie bien remplie qui laisse au Burkina une source d’inspiration, de la détermination à réussir la vie quelque soit le domaine de compétence.

Chaque homme est unique en son genre, des “Salifou Diallo” le Burkina Faso, ne peut en sécrèter typiquement, malgré les circonstances et le déterminisme de l’histoire. La vie, nous donne par contre  l’occasion de profiter et de s’enrichir du leadership des autres. L’histoire nous a offert Thomas Sankara, Ki Zerbo et bien d’autres. Sans hypocrisie, ni nationalisme, mais par patriotisme, le pays des hommes intègres peut s’enorgueillir d’avoir connu des hommes particuliers. Incontestablement Salifou  Diallo était un homme particulier n’en déplaise à ceux qui l’ont conspué.

En politique, comme diraient certains “ y a pas”. Son courage et sa détermination était sans faille, d’où en partie, le secret de sa réussite en politique. A ce propos, le socialiste et homme politique, Jean Jaurès avait expliqué que le courage c’est de comprendre sa propre vie. Le courage, c’est d’aimer la vie et de la regarder d’un regard tranquille. Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. Voilà une explication bien à propos.

Les circonstances de la vie ont poussé Salif Diallo à croiser le chemin du capitaine Blaise en son temps, grâce à l’entremise de Jean Marc Palm. Ce dernier explique, « J’ai dit à Blaise que j’avais un camarade qui cherchait du travail. Il m’a demandé en plaisantant : “Est-ce qu’il est beau ?” Je lui ai répondu : “En tout cas, il est grand” ». Jean Marc Palm ne pensait pas si bien dire. En effet, il venait de mettre sur le chemin du capitaine Blaise, un Gand homme. Grand non seulement de par sa taille, mais grand dans sa conviction, dans le combat et grand dans sa vision.

Cette grandeur a servi quelques dizaines d’années après au jeune chercheur d’emploi, qui ne s’est pas gêné de pousser son employeur à la porte, au nom du peuple. Il a agit pour le peuple, pour les masses laborieuses qui triment dans leur quotidien, bien que ses méthodes politiques ne soient pas tout à fait orthodoxe.

Pour l’essentiel, Salifou a fait de sa vie politique un sacerdoce. Plus de 30 ans dans des postes politiques, pour finir par être le dauphin constitutionnel du Président du Faso au soir de sa vie. Il mérite bien des hommages ne serait-ce que pour sa combativité. Cette image de Salifou doit rester dans les mémoires à titre individuel et dans la mémoire commune. Chacun à son niveau est responsable dans cette société et joue un rôle fort utile pour construire une nation qui avance clopin-clopant, mais qui arrivera au bout. Pour que ce rêve ce réalise, il faut que l’infirmière, le douanier, le policier, la vendeuse de riz, le boucher, le commercant… se disent qu’ils peuvent accomplir de grandes choses rien que par leur conviction, le service bien fait et la détermination à toute épreuve, afin que le Burkina ait encore des Yalgado Ouedraogo, des Ki zerbo, des Thomas sankara, des Oumarou Kanazoe. A chacun donc de jouer pleinement son rôle.

Aux intellectuels, qu’ils sortent de leur confort moral en jouant pleinement leur rôle d’incubateur d’idée, parce que cette classe devient de plus en plus aphone. Un intellectuel s’est emporté sur un plateau d’émission télévisé parce qu’il a l’impression que de par des diverses interventions publiques, il est considéré comme “ l’idiot du village”. Pendant ce temps les autres intellectuels ne disent rien et « dorment tranquils dans leur chambre”. Pourtant Norbert Zongo l’a dit “le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien”. Alors que chacun y mette du sien pour un Burkina émergent.

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