Politique : La stratégie de Zéphirin qui peut faire mouche à tout moment

La Démocratie au Burkina Faso est des plus dynamique depuis les évènements du 30 et 31 octobre 2014. Cet acquis est à mettre sous la coupe de l’action d’Hommes politiques et de la société civile. Cependant du lot émerge une figure politique dont l’opiniâtreté, le sens républicain et l’originalité imposent le respect. Il s’agit du Docteur Zéphirin Diabré. Sans vouloir faire l’apologie de l’homme nous jettons un regard analytique sur la vision qu’il a du développement et de la gouvernance politique de son pays.

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Candidat malheureux de la dernière élection présidentielle du 29 novembre 2015, Zéphirin Diabré sans tergiversation aucune a reconnu les résultats de la CENI et présenté au nouveau Président ses félicitations. Ce geste républicain a ému l’opinion publique et internationale, et renforcé son image. Après cette épisode sans doute douloureuse, il n’a pas lâché du lest dans son combat politique. Il veut imprimer sa marque, il a la conviction et ne s’inquiète pas des embûches sur son chemin. Sa marque c’est de faire la politique autrement, sans mesquinerie, sans roublardise, sans haine, mais avec intelligence. Seul compte l’intérêt du Pays, comme s’il avait pour lui le slogan “ pourvu que le Pays gagne”.

Pour gagner il faut de l’organisation et de la constance. Plusieurs mois après la prise du pouvoir par son challenger Roch, il occupe tant bien que mal la scène politico-médiatique. Il se fend de discours tantôt interpellateur, tantôt conciliateur. A sa dernière sortie médiatique il a jeté un regard critique sur la gestion du MPP. Regroupé au sein de la  »Coalition Zeph pour le vrai changement », les partis politiques qui y adhèrent ont ainsi analysé la situation actuelle du Pays. Pour ces hommes politiques le pays va très mal. Morceaux choisis, “ forte politisation de l’administration”, “corruption érigée en stratégie d’Etat pour tenir les gens, achat du silence des OSC, et de certains journalistes” “justice instrumentalisée par le MPP”, “incapacité à relancer l’économie à cause d’une démarche gouvernementale inadaptée”. Sans complexe les choses ont été dites, peut-être avec un petit bout de sévérité. Mais quand on y regarde de près, le constat ne dément pas totalement la réalité. A qui la faute? De toute évidence au MPP ou peut-être pas.

En réalité le Burkina Faso vit un renouveau démogratique qui se manifeste par un choc frontal entre un système viellissant et un nouveau système politique plus tiré vers le management. Le MPP tout comme le CDP tirent leur expérience des politiciens issus de l’école révolutionnaire ou post révolutionnaire habitués à toutes les stratégies même iniques. Dans le même temps, des parties comme l’UPC impose une vision de combat politique à la “gentleman”. Dans les deux cas, l’intérêt du peuple est mis en avant.

Les responsables de l’opposition avancent que le premier signe de l’échec du parti au pouvoir était perceptible dès la proclamation de leur victoire. Ils étaient convaincus de leur échec bien avant le début de la mission. Cela porte donc à croire que leurs propos ne sont pas fondés ou plutôt qu’ils sont fondés sur des préjugés. Que le MPP ne soit pas prêt à gérer le pays, je pourrais en douter. Mais ce dont on est certain, le pouvoir est comme une balle de ping pong, et l’UPC a intérêt à se préparer à sa gestion quelque soit le temps qu’il lui faudra pour l’acquérir, parce que l’essentiel n’est pas de critiquer pour affaiblir l’autre camp, mais de pouvoir anticiper, muer et comprendre les réalités du moment.

Pour l’heure ce parti d’opposition joue à merveille son rôle et veut même se poser comme gardien des acquis de l’insurrection. C’est une stratégie politique qui peut faire mouche. Alors, que le MPP le comprenne bien, quand on a affaire à Zéphirin il faut s’élever ou bien il vous passe dessus.

 

 

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