Assemblée Générale des Nations Unies : Roch le bon élève, Allassane le leader, Issouffou le justicier et Talon le “talonneur”

  L’Assemblée générale des Nations Unies vient de tenir sa 71 ème session sous le thème “les objectifs de développement durable: force universelle de transformation du monde.” Ce grand rendez-vous a regroupé du beau monde et l’on a assisté à de très beaux discours, plûtot volontaristes que classics. Sur le volet nous avons retenu ceux de quelques présidents africains de la sous région afin de juger de la disparité de leurs propos, mais aussi de leur convergence de vue.

 rochonuLe Burkina Faso, le Niger, le Bénin, la Côte d’Ivoire, quatre pays géographiquement assez proches et dont les présidents se retrouvent à l’ONU pour porter la voix de leurs compatriotes. Sur la tribune des Nations unies chacun a eu à lire sa déclaration. La nuance et le fond des discours ne sont pas forcément les mêmes, mais dans les grandes lignes ces 4 présidents se rejoignent.

Dans le fond du discours prononcé par le Président du Faso, Roch Christian, le concerné s’épenche aisément et fièrement sur le combat que son peuple a mené pour arriver à des élections présidentielles, législatives et municipales apaisées. Dans ses propres termes il avance, “ pour avoir traversé une crise profonde, née du déni de certains principes démocratiques élémentaires, le Burkina faso a renoué avec les valeurs cardinales qui fondent la démocratie et l’Etat de droit”. En claire, son pays s’inscrit dans les rangs des bons élèves, qui attendent jouer les exemples et espérer profiter de la « magnanime bienveillance » de la communauté internationale. Aux yeux de certains, Roch s’est mis dans une position de louvoiement.

allassaneAllassane Outtara son voisin n’ y est pas tout à fait. Son discours tranche avec celui de Roch. L’économie de la Côte d’ivoire se porte au mieux et il attend  jouer le leader dans la sous région. Il le dit d’ailleurs, “la bonne situation économique de notre pays à dores et déjà permis d’améliorer tous les indicateurs sociaux et d’amorcer en profondeur le processus de réduction de la pauvreté et de distribuer les dividentes de la croissance économique”. Ce fondant sur cet acquis et sur l’avancée démocratie de son pays l’ivoirien veut un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité. Il appelle donc les Etats membres à soutenir sa candidature. Dans le même temps il se permet de lancer quelques observations courageuses à l’endroit des pays développés. Il les invite notamment à respecter leurs engagements envers les pays en voie de développement. Plus loin il réclamera plus de justice au sein du conseil de sécurité. “Mon pays invite tous les Etat membres au sursaut, afin de parvenir à une réforme globale et juste du conseil de sécurité qui renforcera sa légitimité aux yeux du monde entier et plus particulièrement pour les jeunes générations.”

issouffouA côté de ce leadership grandissant de la Côte d’ivoire on retrouve le Niger, l’un des pays le plus pauvre au monde. Son président Mamadou Issouffou est d’accord qu’il faut revoir la configuration du conseil de sécurité pour plus de justice, pareil pour le burkinabè. Il trouve aussi que l’économie mondiale a aussi besoin d’être “profondemment réexaminé”. Se basant sur des études il montre que si la part des pays africains augmentait dans le commerce mondial de seulement 1%, cela représenterait un revenu annuel supplémentaire de plus de 200 milliards de dollars soit environ 5 fois le montant que reçoit l’Afrique au titre de l’aide publique au développement. Pour ce dernier, il suffit de mettre fin à l’échange inégal pour que l’Afrique amorce son développement. Sur le plan politique, Issouffou s’est même permis d’asséner quelques vérités. “Les petits pays font souvent les frais des rivalités des grandes puissances. Il arrive ainsi qu’ils subissent les conséquences de certaines de leurs erreurs d’appréciations. Le chaos dans lequel se trouve la Libye et ses conséquences sur les pays voisins en témoignent”. Le Président Nigérien reconnait aussi que la lutte contre le terrorisme est un luxe qui coûte la “peau des fesses”, pour un pays pauvre comme le Niger.

talonLe Bénin n’est pas non plus un pays développé. Talon dans son bref discours de 2 pages, appelle à la mise en place urgente d’un programme global d’éradication de la pauvreté de masse, sans quoi les mouvements migratoires vont se perpétuer et pourrait même porter des germes de déstabilisation. Il demande donc aux pays développés des actions collectives et  volontaristes.

Globalement, les 4 patries sont tous d’avis qu’aucun développement ne peut se faire sans la sécurité. Devant le terrorisme international et l’extrêmisme violent il est impérieux de mutualiser les moyens et de les rendre opérationnels afin de parer au pire. A ce propos le Président Roch le dit, “le monde est aujourd’hui confronté à des défis redoutables, qui exigent de renforcer l’action collective et d’intensifier les efforts communs dans le cadre de notre organisation commune.” Avec un tel niveau d’engagement dans les discours, il est à espérer que les “Objectifs de développement durable” qui visent l’horizon 2030, produiront les résultats escomptés afin de satisfaire tous ces espoirs.

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