72H DE GREVE DU SYNSHA : UNE LUTTE POUR UNE POPULATION ABANDONNEE A SON SORT

Le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) observent depuis hier 22 novembre 2016 une grève de 72h sur l’étendue du territoire nationale. Et pour l’une des rares fois, cette grève se fait sans un service minimum dans les centres hospitaliers public du pays.

La Bourse du travail. C’est le lieu qui a été choisi par les responsables du Syndicat pour fixer leur piquet de grève, sans service minimum. Cette option divise beaucoup l’opinion publique burkinabè. Pour certain le choix de la grève sans service minimum est intolérable. Intolérable dans la mesure où de nombreuses vies seront exposées. D’aucuns estiment par contre que le choix du Syndicat est salutaire dans la mesure où il a pour dessein d’amener le Gouvernement à se pencher convenablement sur la question de la santé de tous les burkinabè.

Les travailleurs de la santé humaine et animale sont des femmes et des hommes qui ont fait le serment de sauver de vies humaines, au risque des leurs. Et c’est pour mieux remplir ce serment que ces agents se sont regroupés au sein d’une structure syndicale. Ce Syndicat est évidemment apolitique, mais est contraint de dénoncer, s’il le faut, toute politique sanitaire qui bouderait ou reléguerait au second plan la santé des burkinabè.

Le constat est sans appel. La politique sanitaire burkinabè laisse à désirer. Elle est désuète et apocalyptique. Les Gouvernants méconnaissent plus cette réalité que les agents de santé. Cette méconnaissance par les Gouvernants et d’une partie de la population de l’ampleur du préjudice que provoque le système sanitaire  peut laisser croire à ces derniers que le SYNTSHA en fait un peu trop.

Le but du SYNTSHA n’est certainement pas de faire des grèves à la moindre occasion. Le SYNSHA n’entend à coup sûr pas faire une démonstration de sa capacité de nuisance en lançant cette grève sans service minimum. Les premières bénéficiaires de la plateforme revendicative du syndicat restent encore les populations d’abord.

Certes, cette option aura de fâcheuses conséquences avec peut-être des pertes en vies humaines. Mais, sous aucun rapport la responsabilité de ces conséquences ne peut être imputée aux agents de la santé. Dans le système sanitaire actuel, la présence ou non des agents de santé n’impacte pas de manière décisive sur la santé des patients. Présents, ils ne pourront qu’assister impuissants au trépas de leur patient. Et ce passage de la vie à la mort s’accélérera si le patient est à Crésus, ce que le soleil est à la lune. C’est pourquoi d’aucun croient bien qu’ils doivent leur rétablissement plus au charme de leur portefeuille et l’âpreté naturelle de leur globule blanc bien plus qu’au génie de leur soignant.

C’est pourquoi il est important de soutenir le SYNTSHA dans la lutte qu’il mène pour la satisfaction d’une plateforme revendicative dont elle ne sera que le troisième grand gagnant après les populations et le Gouvernement lui-même.

C.TRAORE

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