Violents combats en Libye : l’ONU reporte sine die la conférence nationale

L’émissaire onusien pour la Libye Ghassan Salamé a annoncé le report sine die de la conférence nationale interlibyenne, dont l’objectif était d’aider le pays à sortir du chaos. Appris par Jeune Afrique, des combats menés près de Tripoli entre les forces du maréchal Khalifa Haftar et celles de Fayez al-Sarraj en sont les raisons.

« Nous ne pouvons pas demander aux Libyens de participer à la conférence (nationale interlibyenne), au moment où les canons tirent et des raids aériens sont menés », a déploré mardi dans un communiqué Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU pour la Libye. Repoussée sine die, la conférence nationale, initialement prévue du 14 au 16 avril à Ghadames, se tiendra « le plus tôt possible », a certifié l’émissaire onusien, « car nous ne pouvons pas perdre l’opportunité historique » que représente la conférence censée permettre de dresser une « feuille de route » à même de sortir le pays du chaos.

Après une nuit plutôt calme, les combats ont repris dès mardi matin à une trentaine de kilomètres au sud de Tripoli, en particulier à Gasr Ben Ghachir et Wadi Rabi, selon une source de sécurité à Tripoli.

Le maréchal Khalifa Haftar et l’Armée nationale libyenne (ANL) mènent une violente offensive depuis jeudi pour s’emparer de la capitale. En face, les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj affirment être déterminées à mener une contre-offensive généralisée, baptisée « volcan de la colère » .

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait notamment « fermement condamné » « l’escalade » de la violence autour de Tripoli et appelé à « un arrêt immédiat » des combats. Les appels de l’ONU et de la communauté internationale à la trêve et à l’arrêt des hostilités n’ont jusqu’ici pas été entendus par les belligérants.

Soutenu par une autorité basée dans l’est de la Libye mais non reconnue internationalement, Khalifa Haftar espère étendre son emprise sur l’ouest du pays pétrolier, alors qu’il contrôle déjà l’Est et le Sud.

Les organisations internationales craignent que les civils ne fassent une nouvelle fois les frais de ces affrontements interlibyens. Quelque 3 400 personnes ont déjà été déplacés par les combats, selon l’ONU. Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du GNA publié dimanche soir, au moins 35 personnes ont été tuées depuis jeudi, et les forces pro-Haftar font état de 14 personnes tuées parmi leurs combattants.

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