Une association dénonce « un crime rituel » après l’assassinat d’une fillette albinos au Mali

Les autorités maliennes ont annoncé lundi avoir découvert le corps décapité d’une fillette albinos de cinq ans, enlevée dans la nuit de samedi à dimanche à Fana, au nord de Bamako. Appris par Jeune Afrique, une association dénonce « un crime rituel » à l’approche de l’élection présidentielle du 29 juillet.

Dimanche 13 mai 2018, aux alentours de 02H00 du matin, Djéneba Diarra, dite « Fanta » ou « Nan », « dormait dans une cour avec sa mère et sa sœur, elle-même albinos », à Fana, une localité située à 125 km au nord de Bamako, a expliqué à l’AFP une source policière. « Des hommes armés l’ont enlevée et ont escaladé le mur avec elle. » Sa mère a dans un premier temps tenté de poursuivre les ravisseurs, avant de revenir protéger sa seconde fille.

« Nous avons cherché la fillette partout, a raconté un enseignant de Fana, Oumar Diakité. Nous avons retrouvé son corps à côté d’une mosquée, mais sans la tête. » Suite à l’annonce de ce crime, les habitants de Fana ont attaqué dimanche et en partie incendié la gendarmerie locale, ont rapporté plusieurs témoins.

« Nous réclamons justice. Sa tête a été emportée. C’est un crime rituel », a déclaré Mamadou Sissoko, secrétaire général de la Fédération des associations des personnes atteintes d’albinisme d’Afrique de l’Ouest (Fapao) et militant connu internationalement, qui s’est rendu sur place.

« À chaque fois, qu’il y a des élections, nous devenons du gibier pour des gens qui veulent faire des sacrifices rituels. Ce n’est pas la première fois que ça arrive à Fana. L’État doit prendre ses responsabilités », a-t-il ajouté.

Stigmatisés dans de nombreux pays d’Afrique, comme le Zimbabwe, le Mozambique et la Tanzanie, les albinos sont régulièrement victime d’attaques. Chaque année, plusieurs dizaines d’entre eux sont tués et amputés de leurs membres, qui sont ensuite utilisés pour des rituels censés apporter richesse et chance.

 

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