Tourisme au Burkina : Délaissé, le parc animalier de Ziniaré se meurt

 

Créer en 1994 par l’ancien président du Burkina Faso, le parc animalier de Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau Central, qui était une renommée dans le tourisme au Burkina Faso, n’est plus le même depuis 2014. Ce constat a été fait le samedi 14 septembre 2019, lors d’une sortie.

Situé à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, Ziniaré est une ville du Burkina Faso riche en site touristique. Cette diversité touristique attire de nombreux visiteurs tant sur le plan national que sur le plan international. Parmi ces sites touristiques, il y a le parc animalier de Ziniaré qui est une référence en matière d’animaux. En effet, ce parc s’illustrait avec la présence des animaux d’espèces diverses qui attiraient la venue des scolaires, des universitaires, des fonctionnaires, des étrangers, des amateurs d’animaux….

Depuis 2014 avec le départ de l’ancien président Blaise Compaoré, le parc animalier se meurt. Ce constat est remarquable à travers l’absence de nombreuses espèces, des cages vides laissant la place à la verdure… En un mot, le parc est devenu méconnaissable.

Pour Boureima Sawadogo, employé au parc animalier de Ziniaré, « c’est depuis le départ du président Blaise Compaoré que le parc a commencé à tomber. Quand il était là, il s’occupait bien des animaux. Il pourvoyait à leur alimentation, procurait les animaux manquants. Cela était bien. C’est quelqu’un qui aimait les animaux. Comme il n’est plus à côté, voilà pourquoi il y a un manque d’animaux et on ne peut plus les avoir». https://tourismeburkinabe.blogspot.com/2014/10/le-parc-animalier-ziniare.html

Au cours de notre visite, nous avons pu constater que, seulement, huit (08) espèces d’animaux sont présentes dans le parc à savoir « deux élans du Cap » , « le water bouc » , « quatre lionnes » , « deux porcs-épics » , « des tortues » , « des autruches » , « deux hippopotames » et « une hyène » . Les autres espèces d’animaux dont regorgeait le parc en l’occurrence, l’éléphant, le tigre, le lion, la girafe, le buffle, le zèbre, le babouin, etc, se sont écroulées. Une disparition due, sans doute, à la faim et leur cage est soit vide, soit remplacée par d’autres espèces d’animaux.

Cette absence d’animaux s’explique par certaines difficultés qui sont entre autres, le renouvellement des animaux et leur alimentation auxquels le parc animalier fait face. Selon monsieur Sawadogo, « c’est le directeur du parc qui se débrouille toujours pour qu’on gagne à nourrir les animaux ». Les espèces manquantes ne peuvent pas être renouvelées car la plupart n’existe pas au Burkina. Ces animaux proviennent de l’Afrique du Sud, de l’Asie et c’est très difficile de s’en procurer pour des raisons de finances. Ce manque conduit inévitablement à la disparition des espèces dans le parc. Aussi, l’absence des mâles ou des femelles, est un frein à l’accouplement des animaux, et la reproduction n’est plus possible. La vie des lionnes et de la hyène est donc menacée.

Par ailleurs, le problème de la survie du parc animalier a été exposé au ministère de la culture, des arts et du tourisme mais aucune solution n’a été trouvée puisque « le ministre avait donné un rendez-vous pour venir mais il n’a pas pu effectuer le déplacement », confie l’employé du parc animalier. Sans doute, le ministère ne veut pas s’ingérer à cause du statut privé. En plus du ministre, d’autres ministères ont été également touchés et selon monsieur Sawadogo, « jusqu’aujourd’hui on n’a pas eu de réponse. Une bonne volonté de Ziniaré voulait nous aider à toucher les autorités mais aucun rendez-vous n’a eu lieu. Les touristes viennent toujours mais le seul problème qui demeure, est le manque d’animaux ».

Développer le tourisme interne, c’est aussi développer les sites touristiques du pays

Le parc animalier de Ziniaré est l’un des sites touristiques qui enregistraient beaucoup de visites. Le tourisme interne était très développé dans cette ville. En effet, plusieurs enfants ont eu des connaissances zoologiques à travers les sorties pédagogiques qui sont organisées dans les établissements du Burkina Faso. Ce parc a donc contribué à une culture zoologique de nombreux enfants du Burkina Faso depuis sa création. Mais cela ne sera plus le cas car il est en train de mourir à petit feu. A vue d’œil, le parc semble être délaissé par les autorités. Les animaux qui y survivent sont les herbivores qui ont une longue durée de vie, donc leur alimentation est facile et non coûteuse. Les carnivores, par contre, meurent de faim et la reproduction n’est plus possible vu l’absence du mâle ou de la femelle.

Sans être une spécialiste du droit, doit-on laisser mourir une richesse culturelle du Burkina Faso quand elle ne relève pas de l’État ? Toutefois, tout patrimoine national qui participe au développement d’un pays doit être préservé. L’heure n’est pas à discuter sur le statut privé ou public du parc animalier mais sur les voies et les moyens à prendre pour préserver ce zoo, pour la survie des animaux et la formation zoologique de la génération montante. D’aucuns diront que l’État n’a pas d’argent à injecter pour l’entretien des animaux certes, mais n’oublions pas que ce parc peut lui être bénéfique s’il s’y investit. En plus, le parc animalier de Ziniaré demeure une des richesses touristiques du pays. C’est pourquoi le ministère de la culture, des arts et du tourisme, le ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique, et le ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales doivent s’y pencher car ce parc participe au développement du tourisme du pays, contribue à la protection de l’environnement, et surtout à la formation et à l’éducation zoologique des tous petits.

 

 

 

 

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