Journées de la commune Burkinabé (JCB 2019 à Manga) : Discours de Armand Roland Pierre BEOUINDE, Président de l’AMBF

 

Au moment de nous réunir dans la belle ville de Manga, cité de l’épervier, pour la 16ème édition des journées de la commune Burkinabé, je voudrais exprimer, au nom de la communauté des maires du Burkina Faso, ma profonde gratitude aux plus hautes autorités de notre pays, aux partenaires techniques et financiers, aux contributeurs du public comme du privé, pour leur soutien constant et multiforme apporté à l’Association des Municipalités du Burkina Faso, pour l’organisation de ce vaste espace d’échanges et de réflexion sur la marche de notre décentralisation.

Je voudrais ensuite joindre ma voix à celle du Maire de la commune de Manga pour souhaiter une cordiale bienvenue et un bon séjour à tous nos distingués invités, à l’ensemble des maires et des Présidents des conseils régionaux, ainsi qu’à toutes les personnalités et à tous ceux qui nous font l’honneur de rehausser l’éclat de cette cérémonie par leur présence effective à la cette cérémonie officielle d’ouverture.

Distingués invités ;
Chers collègues ;
Mesdames et messieurs ;

L’Association des Municipalités du Burkina Faso est la faitière des communes de notre pays et constitue de ce fait une force de proposition et d’interpellation en tout ce qui concerne les questions de décentralisation dans notre pays.

A cet effet, les journées de la commune burkinabé se veulent une tribune idéale de concertation, de réflexion et de partage d’expériences sur la décentralisation et les préoccupations majeures de l’heure.

Il s’agit assurément de moments particuliers où l’ensemble des maires sont conviés à mesurer le chemin parcouru, à s’interroger sur les enjeux actuels de la décentralisation et à se projeter dans de nouveaux défis aux côtés de l’Etat central, des partenaires techniques et financiers et de la société civile.

Dans un contexte où notre pays vient de se doter de nouveaux référentiels de la décentralisation, la concertation et le dialogue permanents s’avèrent plus que jamais nécessaires entre les différents partenaires que nous sommes autour des stratégies les plus pertinentes à mettre en œuvre.

Ce dialogue et cette concertation doivent permettre d’obtenir des avancées rapides et significatives dans différents domaines, singulièrement en matière de démocratie locale, de développement participatif, de coopération décentralisée, de mobilisation des ressources, de collaboration entre les communes et les autorités locales ainsi qu’avec les services de l’Etat.

La finalité de toutes ces initiatives c’est prioritairement la promotion d’une meilleure qualité de services publics au profit des usagers de nos mairies, l’amélioration du contenu des textes législatifs et réglementaires de la décentralisation pour un développement plus harmonieux à la base.

La tenue de la 16ème édition des Journées de la Commune Burkinabé se veut un cadre idéal pour jeter ensemble les bases d’une fructueuse concertation qui doit être permanente et porteuse d’espoir.

Ces journées se voudraient aussi d’être, un tremplin idéal d’approfondissement des nouveaux référentiels de la décentralisation qui mettent un accent sur la promotion du développement économique local, tant attendu par nos populations.

La 16ème édition des Journées de la Commune Burkinabé est aussi un couronnement de la maturité de notre association qui a 24 années d’existence. C’est dire, que notre responsabilité est grande face aux multiples défis auxquels fait face notre décentralisation et auxquels nous sommes appelés à apporter des réponses conséquentes.

C’est pourquoi il est attendu de chacun une pleine participation aux travaux de ces journées afin d’apporter des contributions efficientes pour une avancée rapide du processus de décentralisation dans notre pays qui entame son 3ème cycle.

Les maires que nous sommes, devrions incarner les aspirations de nos populations et devrions donc faire en sorte que ces journées soient une occasion d’un dialogue citoyen constructif, permettant aux acteurs à tous les niveaux d’exprimer leurs points de vue sur la gestion des collectivités territoriales et de proposer des solutions en conséquence.

Cette importante rencontre est aussi le lieu pour moi d’adresser la gratitude de l’ensemble des maires de notre pays à Son Excellence Monsieur le Président du Faso, à son excellence le Président de l’assemblée nationale, à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre ainsi qu’au Gouvernement dans son ensemble, pour l’intérêt qu’ils portent à l’action des collectivités territoriales et les initiatives qu’ils prennent pour l’amélioration continue de la mise en œuvre de la décentralisation.

Ma gratitude s’adresse à Monsieur le Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement pour l’honneur qu’il nous fait d’accepter le parrainage de la 16ème édition des Journées de la Commune Burkinabé.

C’est aussi une occasion propice pour moi de traduire la reconnaissance de la communauté des maires, à Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion Sociale, pour sa permanente disponibilité, pour l’accompagnement efficace et soutenu qu’il a toujours manifesté à l’endroit de notre association et dans la recherche des voies et moyens pour un approfondissement du processus de décentralisation.

Notre reconnaissance s’adresse aussi aux partenaires techniques et financiers, à ceux de la Coopération Décentralisée, aux ONG et aux organisations de la société civile qui ont toujours apporté leur concours à l’organisation des Journées de la Commune Burkinabé et qui accompagnent au quotidien les communes sur le terrain.

Distingués invités ;
Mesdames et messieurs ;

Le thème central de cette 16ème édition est « Fiscalité et développement local : enjeux et perspectives ». Ce choix traduit l’ambition de l’Association des Municipalités du Burkina Faso de répondre de manière efficiente aux multiples défis que suscite le financement du développement local en général, et le système de fiscalité local en particulier dans notre pays.

Les échanges sur ce thème doivent permettre aux maires d’avoir une meilleure compréhension des textes sur le financement du développement local et surtout de renforcer leurs capacités en termes de mobilisation des ressources locales, tout en contribuant à travers de pertinentes propositions à une fiscalité performante au service du développement local.

Les recettes fiscales sont la principale composante des recettes collectées au profit de nos communautés locales et leur recouvrement est au cœur des pouvoirs conférés aux Collectivités Territoriales. Cela confère une grande importance aux questions de gouvernance relatives à la collecte des recettes fiscales.

C’est pourquoi le renforcement de la capacité de mobilisation des ressources propres ne se résume pas à un simple accroissement des recettes ; elle suppose aussi la mise en place d’un système fiscal efficace qui favorise une croissance inclusive, encourage la bonne gouvernance, réponde aux inquiétudes suscitées dans l’opinion.
Dans cette dynamique de réforme, les impôts locaux apparaissent comme un instrument de simulation du dynamisme économique mis au service des élus locaux en vue d’une amélioration des conditions de vie de leurs populations. Les reformes doivent accorder plus de pouvoir aux collectivités et favoriser l’avènement de systèmes fiscaux efficaces, responsables, transparents et équitables ; dans ce cas un surcroît de recettes non négligeable pourrait être levé à travers une meilleure responsabilisation des collectivités territoriales.

Les défaillances de l’administration fiscale dans les zones à risques sécuritaires élevés a porté un coup dur aux recettes propres des collectivités territoriales en 2018 et en 2019.
Il est capital, pour les collectivités territoriales de disposer d’une administration fiscale qui fonctionne bien, afin de pouvoir mobiliser convenablement des ressources propres conséquentes.
Pourtant, les effectifs des administrations fiscales sont la plupart du temps composés de fonctionnaires limités à un nombre réduit, avec de faibles moyens de locomotion pour couvrir dans un délais raisonnable et avec efficacité l’ensemble des collectivités territoriales d’une province ou d’une région. Une telle carence engendre une sollicitation financière et matérielle des collectivités territoriales pour mener à bien leurs missions régaliennes.

En outre la fonction coercitive s’accorde mal avec l’approche globale de bonne gouvernance qui exige du citoyen un effort citoyen pour accompagner sa collectivité.
Le système fiscal doit donc être repensé en tenant compte de la capacité des services fiscaux à le gérer, du faible civisme fiscal des contribuables et de la responsabilité à accorder aux collectivités territoriales.

Réformer les systèmes fiscaux va favoriser le développement en renforçant l’autonomie des collectivités territoriales.

Il nous faudra alors relever les défis de bâtir un système fiscal efficace avec les nouveaux référentiels de la décentralisation et l’engagement politique du gouvernement.
Je souhaite que nos échanges puissent déboucher sur la formulation de propositions et recommandations qui permettent l’élaboration de mesures idoines susceptibles d’améliorer l’efficacité de l’action des collectivités territoriales en général dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES).
Notre constante ambition étant d’apporter des solutions aux préoccupations légitimes des populations sur le terrain, et de participer véritablement à la réalisation d’un bonheur partagé pour tous.
Je vous souhaite un bon et agréable séjour dans la belle cité de l’épervier et plein succès à nos travaux.

Bonne fête de la commune à toutes et à tous.

Je vous remercie

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