Situation nationale : l’Opposition politique burkinabè invite le président du Faso à « sonner la fin de la récréation »

Comme il est de coutume d’une manière hebdomadaire tous les mardis, la rencontre entre l’Opposition politique burkinabé et les Hommes de médias s’est tenue ce mardi 14 mai 2019. La relance du dialogue politique, les attaques contre les communautés religieuses, l’expulsion du Directeur général de la Poste Burkina et le déclassement d’une partie de la forêt de Kua, ont été les points évoqués. Jean-Hubert Bazié président de ESPOIR et Mamadou Dicko quatrième vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), ont été les conférenciers du jour.

Dès l’entame de cette rencontre, les conférenciers ont d’abord tenu à rappeler la situation de Yirgou qui est, selon eux, jusqu’à présent sans suite. En effet, cela fait justement 134 jours, que des Burkinabè ont été massacrés dans cette partie du pays. Trois mois après, un autre drame à caractère ethnique s’est déroulé à Arbinda au sahel. Pour l’Opposition, « ces deux drames sont une manifestation effroyable de la division et du repli identitaire » au Burkina Faso. L’Opposition juge nécessaire de le rappeler et de demander justice pour les victimes, et exiger un mea culpa de la part du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) pour « avoir été le parti dont les leaders ont battu campagne avec des arguments ethnicistes. »

Dialogue politique

Il est connu de tous que le dialogue politique qui était prévu se dérouler le 28 avril 2019 entre la majorité et l’opposition n’a pas eu lieu. Pour participer à ce dialogue, l’Opposition a fixé deux préalables à sa participation au dialogue. Le premier est relatif au statut et au cadre réglementaire de ce dialogue. Et le second a trait aux modalités de mises en œuvre et de suivi des décisions qui seront issues de ce dialogue. C’est ainsi qu’à la date du 8 mai, le président du Faso acceptait volontiers le principe « d’un comité préparatoire ». Un comité composé des membres de la majorité et de l’Opposition, qui aura pour mission de situer et d’encadrer ledit dialogue afin de le conduire vers un franc succès. L’Opposition, une fois de plus, réaffirme sa volonté de dialoguer de manière sincère autour des préoccupations majeures des Burkinabè.

Assassinat du prêtre et cinq de ses fidèles à Dablo

C’est avec consternation que l’Opposition dit avoir appris l’assassinat du prêtre et cinq de ses fidèles à Dablo dans le Sanmatenga par des terroristes. Ce qui n’est pas une première puisque le 28 avril, c’était le pasteur Sirgadji et cinq de ses fidèles dans le Soum, qui ont été abattus. Pour l’Opposition, tout ceci vient s’ajouter aux assassinats de nombreux leaders musulmans et coutumiers. Selon les conférenciers, tous ces manœuvres visent à installer un conflit interreligieux au sein des peuples burkinabé. « La situation de crise sécuritaire que nous vivons, nous appelle à la vigilance et au renforcement de la tolérance ainsi que du vivre-ensemble. C’est pourquoi nous devons travailler à sauvegarder la république et ses valeurs », déclare Jean-Hubert Bazié.

Expulsion du Directeur général de la Poste Burkina

Accusé de mal-gouvernance, Nabi Issa Coulibaly, Directeur général de la poste Burkina, a été expulsé le 08 mai dernier par des employés de la société. L’Opposition pointe du doigt le gouvernement en disant qu’il est « le premier coupable de ce cercle de violence ». Ainsi, elle (Opposition) condamne toute attitude qui aurait pour conséquence d’empêcher un citoyen d’accéder à son lieu de travail.

Déclassement d’une partie de la forêt de Kua

Le dernier point évoqué par les conférenciers du jour, concerne la construction d’un centre hospitalier universitaire (CHU) à Bobo-Dioulasso. En effet, le Conseil municipal de Bobo-Dioulasso a autorisé le déclassement de seize (16) hectares de la forêt classée de Kua en vue de construire un CHU. L’Opposition politique ne s’oppose pas à la construction de l’infrastructure qui viendra soulager les populations. Cependant, elle estime que « le déclassement d’une partie de Kua est un très mauvais choix » et invite le président du Faso à « sonner la fin de la récréation en empêchant que l’hôpital soit construit dans cette forêt quasi-séculaire aux ressources vitales. » Selon Amadou Diemdioda Dicko, quatrième vice-président de l’UPC, « ce n’est pas de l’espace qui manque dans la ville de Sya qui pourrait conduire jusqu’à détruire une partie de cette forêt pour la construction d’un hôpital. »

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