Situation nationale : l’impact du terrorisme sur le domaine de la santé et de l’éducation

L’Association des journalistes du Burkina a organisé vendredi, un panel en collaboration avec le Projet de gouvernance économique et de participation citoyenne (PGEPC). En effet, ce panel prend en compte les acteurs de l’éducation et de santé, dont le thème est « impact de l’insécurité sur la délivrance des services sociaux de base : l’éducation, santé. »

C’est dans la soirée du vendredi 12 juillet 2019, que ce panel est organisé afin de comprendre les enjeux du terrorisme dans deux domaines en l’occurrence, celui de l’éducation et de la santé dans les zones d’insécurité. A travers des représentants, les ministères concernés ont pris part à ce panel et ont pu donner les différents constats sur le terrain depuis “l’avènement“ du terrorisme au Burkina Faso. Plus de deux heures d’échanges, dont des questions-réponses ont animé ce panel.

300.000 élèves en rupture scolaire

Le représentant du ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales Bertin Toé, premier intervenant du panel a d’abord souligné la pertinence du thème choisi par les organisateurs. Il fait état des six zones secouées par les attaques terroristes, et la crise sécuritaire sur le monde de l’éducation. En effet, l’assassinat des enseignants dans certaines zones, a contraint les autres à abandonner leurs postes. « Il y a des écoles qui ont été incendiées, du matériel pédagogique et didactique détruit, qui sont les conséquences directes des attaques », a déclaré Bertin Toé, sans oublier les menaces sur le personnel de l’éducation aussi bien sur les parents d’élèves que sur les élèves et les enseignants. « Nous avons assisté malheureusement à des pertes en vies humaines ; des enseignants qui sont assassinés ou enlevés. »

D’après son exposé, c’est la psychose au niveau des parents d’élèves ainsi qu’au niveau des élèves. Le constat depuis 2015, est que des écoles ont été fermées et des enfants déscolarisés. En juin 2019, environ 2000 écoles ont été fermées et plus de 300.000 élèves sont en situation de rupture scolaire et environ 9000 enseignants ne peuvent plus donner les enseignements dans les classes. Cependant, des actions sont menées par le ministère. « Le ministère a pris la situation à bras le corps sous l’impulsion du gouvernement et du ministre. Il a été initié en janvier 2019, l’élaboration de la stratégie de scolarisation des élèves dans les zones à forts défis sécuritaires, qui a été validée le 21 février 2019 », a-t-il expliqué.

Pour l’un des panélistes Samuel Dembélé, représentant de l’organisation de la société civile, « l’insécurité est une question de tout le monde ». Il fait surtout état de l’émigration des zones d’insécurité vers celles un peu plus sécurisées. Tous ceci, pour lui, est une « situation d’urgence. »

400.000 personnes privées de soins

Cette crise d’insécurité n’est pas sans effet sur le secteur de la santé. Ainsi donc, selon le représentant du ministère de la santé, le médecin Simon Sanou, « le secteur de la santé à l’image de l’éducation, est durement éprouvé. L’impact sur le secteur de la santé se situe à plusieurs niveaux. Avec les attaques, il y a des formations sanitaires qui seront fermées et certains services ne pourront plus être délivrés aux populations. Les agressions sur les agents de santé les amènent à quitter leurs postes. Il y a à peu prêt 400.000 personnes qui sont privées de soin curatif ou préventif. » A l’en croire, c’est l’ensemble du système de santé qui est saboté dans ces zones, mais des mesures sont prises afin d’éradiquer ce mal dans le domaine de la santé. Pour lui, des équipes mobiles ont été mises en place dans ces zones d’insécurité pour permettre des soins. A ce jour, 39 centres de santé sont fermés. « Il va falloir mieux coordonner les interventions et développer de nouvelles stratégies dans toutes les régions concernées », a-t-il indiqué.
En ce qui concerne le Réseau d’accès aux médicaments essentiels (RAME), Amidou Ouédraogo en tant que représentant de cette structure, fait cas du matériel saisi par, sans doute, les terroristes. « Des ambulances, des motos de service, ont été retirées ainsi que des agents de la croix rouge enlevés », lance-t-il. Par ailleurs, le RAME pense qu’il faut renforcer davantage l’action des organisations de la société civile, surtout au niveau des sites où il y a des déplacés.

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