Situation des déplacés au Burkina : Le CFOP propose l’opération « BoriBana »

Le Chef de file de l’Opposition politique (CFOP) a tenu mardi, sa traditionnelle conférence de presse à Ouagadougou en son siège. En effet, des sujets relatifs à la situation nationale du pays étaient au menu des échanges.

Face aux Hommes de médias ce mardi 09 juillet 2019, le traditionnel point de presse du CFOP a été animé par Adama SERE, président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF) et Amadou Diemdioda DICKO, 4e vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Cette rencontre a porté essentiellement sur la crise humanitaire née du terrorisme, le prélèvement de manganèse de la mine de Tambao, l’auto-saisine du Conseil constitutionnel au sujet de la révision du Code pénal et l’inscription des sites métallurgiques du Burkina Faso au Patrimoine mondial par l’UNESCO.

Comme à l’accoutumée, les conférenciers avant de rentrer dans le vif du sujet, sont revenus sur le massacre de Yirgou et d’Arbinda. Au 190e jour du massacre de Yirgou, l’Opposition politique dénonce toujours l’impunité et exige de la justice burkinabè, qu’elle prenne ses responsabilités devant l’histoire et devant le monde en rendant une justice impartiale et dans de meilleurs délais.

Crise humanitaire née du terrorisme

Dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, de l’EST et du Nord, des populations fuyant le terrorisme se vident de leurs villages et arrivent dans les Chefs-lieux de provinces et de communes. Malheureusement, selon les conférenciers du jour, ces compatriotes en détresse ne bénéficient pas assez de l’assistance de la part du Gouvernement. Pour eux, les déplacés sont abandonnés sans soins dans les écoles et même à la belle étoile par ces temps pluvieux, sans nourriture, sans logements et sans assistance psychologique de la part de l’Etat.

Pire, ces populations ont abandonné leurs champs et leurs outils de travail dans la course de survie. « Dans plusieurs localités, des paysans ont même été interdits par les terroristes de cultiver des céréales cette année. Le bétail d’éleveurs a également été retiré » , a déclaré Mamadou Dicko et d’ajouter : « Nous invitons donc le Gouvernement de Monsieur Roch Marc Christian KABORE à initier une opération « BoriBana » qui signifie (la fuite est terminée) » . Une opération selon lui, qui consistera en une vaste opération de sécurisation des zones attaquées, en la réinstallation et au renforcement de l’Administration (surtout sécuritaire) dans lesdites zones, et en des plans de ripostes et de résilience impliquant les populations elles-mêmes. Ce, dans le but de reloger les populations sur leurs terres.

Le prélèvement de manganèse de la mine de Tambao

Pendant que les populations rurales du Sahel et du Grand Nord fuient les terroristes, abandonnées à leur triste sort, l’Opposition politique a appris que des camions sous haute sécurité, puisaient du manganèse du site de Tambao, et les transportaient à des destinations jusque-là inconnues. En effet, le ministère des mines et des carrières a publié un communiqué le jeudi 04 juillet dernier pour donner les raisons de ce prélèvement de minerais. L’opération consiste, selon le ministère, en une vente sous contrôle judiciaire du tribunal de commerce de Ouagadougou, suivant ordonnance du 05 février 2018.

Cette opération du ministère des mines a lieu à un moment où le débat sur le scandale de charbon fin a toujours cours. « C’est dans un tel contexte qu’un département dirigé par un ministre qui a perdu tout crédit, fait des prélèvements de minerais sans en informer les populations et les autorités locales » , a dardé monsieur Dicko, tout en soutenant que le Gouvernement burkinabè trouve les moyens d’escorter des minerais, mais se montre incapable de sécuriser les êtres humains vivant à Markoye, si bien que le maire ait été enlevé il y a des mois et quelques plusieurs meurtres et prises d’otage ont eu lieu dans cette commune. Par ailleurs, le Cfop estime que les informations fournies en retard, selon les conférenciers, par ledit ministère, sont incomplètes. Pour eux, les Burkinabè voudront plus d’éclaircissements. Il s’agit entre autres, du montant des 40 000 tonnes de manganèse prélevés.

La révision du Code pénal

L’opposition politique a appris que le Conseil constitutionnel s’est auto saisi pour contrôler la constitutionnalité de la loi n°040-2019/AN du 21 juin 2019 portant modification de la loi n°025-2018/AN du 31 mai 2018 du Code pénal. En attendant une décision dans le fond sur cette affaire, l’Opposition félicite le Conseil constitutionnel pour son courage, puis se réjouit également de la position de l’Union d’action syndical (UAS) et de certaines OSC, qui rejettent cette loi liberticide.

L’inscription des sites métallurgiques du Burkina Faso au Patrimoine mondial

C’est avec une grande fierté que les membres du CFOP ont appris l’inscription des sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco le vendredi 05 juillet 2019. C’est lors de la 43e Session du Comité du patrimoine mondial, ouverte le 30 juin passé à Bakou, en Azerbaïdjan, que ces sites ont été élevés au rang de patrimoine mondial. A cela, l’Opposition politique félicite et remercie tous les techniciens qui ont travaillé sur ce dossier, le ministère de la Culture et les pays qui ont soutenu le Burkina Faso dans sa demande. Selon les conférenciers du jour, cette reconnaissance révèle au monde entier la vitalité et la richesse culturelle du pays des Hommes intègres, ainsi que l’intégrité des aïeux.

 

 

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