Situation de Yirgou : Un nouveau collectif est né puis une marche prévue le 12 janvier prochain

Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) a tenu ce mardi 08 janvier 2019, une conférence de presse à Ouagadougou. Il a été question pour les conférenciers du jour d’exiger vérité et justice sur les crimes commis lors des affrontements inter-communautaires dans le village de Yirgou.

En ce début d’année 2019, des violences inter-communautaires ont éclaté à Yirgou dans la commune de Barsalogho, suite à l’assassinat du chef du village et d’autres habitants, causant d’énormes pertes en vies humaines et des dégâts matériels. Vu la gravité d’une telle situation, un nouveau collectif est né pour exiger vérité et justice.

Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) est un regroupement apolitique et laïque. C’est un cadre de lutte et d’échange entre filles et fils de la nation dans le but de protéger et défendre les droits des communautés à vivre et à s’épanouir en pleine symbiose. Son rôle est de lutter également contre toutes les formes de stigmatisation des communautés et dénoncer l’impunité des crimes qui y sont liés, d’exiger vérité et justice sur les crimes injustes commis sur les communautés et de promouvoir une véritable cohésion tel qu’il ressort de l’ensemble des normes régissant la république.

Au cours de ce point de presse, une minute de silence a été observée en hommage aux victimes des affrontements. Le porte-parole du Collectif, Daouda Diallo a déclaré que cette conférence de presse se tient dans un contexte sociopolitique marqué par le développement de l’incivisme et de la justice privée, la perte des valeurs de respects et de considération mutuelle, la récurrence des conflits surtout aggravée par l’avènement du terrorisme. A l’entendre, le nombre officiel de victimes liés aux violences entre 2014 et 2015 est estimé à plus de 200 morts.

Au regard de ce contexte difficile source d’un malaise profond, selon monsieur Diallo, plusieurs communautés du Burkina s’interrogent sur le devoir de l’État à accorder la même considération et la même protection à l’ensemble de ses citoyens. A en croire le porte-parole du collectif, ce sont des « éléments du groupe d’autodéfense communément appelés Koglwéogo » , qui ont mené « des actions de représailles indiscriminées contre des personnes appartenant à la communauté peule, sous prétexte fallacieux qu’ils seraient des terroristes » . Il a soutenu que « même les peuls qui étaient membres de ces groupes koglwéogo ont été tués, égorgés par leurs camarades de ce même groupe » .

Les conférenciers du jour ont contesté également les chiffres officiels du gouvernement qui faisaient état de 46 morts. « D’autres sources qui nous reviennent estimeraient les morts à près de 100 personnes » , a laissé entendre Daouda Diallo et d’ajouter : « plusieurs survivants, femmes, enfants et personnes âgées restaient introuvables, beaucoup errant dans la brousse, exposés aux intempéries de cette période de l’harmattan, à la faim et à tous dangers imaginables » .

Face à la banalisation de la vie humaine et aux menaces du droit à la vie de tout citoyen burkinabè, le CISC appelle le peuple burkinabè sans distinction ethnique et religieuse, les autorités, les forces démocratiques, les structures de droits humains, les OSC, les syndicats, les coutumiers et les religieux à se mobiliser à travers une marche meeting à Ouagadougou et Dori le samedi 12 janvier 2019 pour dénoncer les manœuvres divisionnistes des terroristes et des groupes d’autodéfense koglwéogo. Cette marche meeting a pour but d’exiger l’arrêt immédiat des crimes odieux puis l’arrestation immédiate et sans délai des koglwéogo criminels afin qu’ils soient jugés et sanctionnés à la hauteur de la gravité de leurs crimes.

Également, d’exiger la prise en charge gratuite des survivants et blessés puis le désarmement de tous ceux qui détiennent illégalement des armes de guerre, les milices koglwéogo, sans oublier l’implication de l’armée burkinabè dans le respect des codes républicains et sans discriminations dans leurs actes. Le Collectif n’a pas manqué de lancer surtout un vibrant appel à la communauté internationale pour son implication afin de protéger les vies humaines.

Avocat et membre du CISC, maître Farama Ambroise, un des animateurs de la conférence de presse ne manquera pas de donner son avis sur le plan judiciaire face au drame de Yirgou. Selon lui, la procédure du système judiciaire doit être rapidement activée. D’après les dernières informations, les auteurs sont connus et doivent être sanctionnés. « Les accusés reconnaissent leur forfait et jusqu’à présent, il n’y a aucune arrestation », martèle maitre Farama. A la question de savoir s’il s’agit d’un génocide, maître Farama répond : « il est prématuré de parler de génocide. Pour parler de génocide, il y a un nombre d’éléments à établir. Il y a eu des morts certes, mais il faut savoir si ces morts ont été organisés et préparés bien avant. Et c’est à l’aboutissement des enquêtes qu’on pourra définir s’il s’agit de génocide ou pas » puis à l’avocat d’ajouter : « cependant, justice doit être faite pour éviter les vengeances et les rancunes entre les communautés ».

 

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