Sécurité et tourisme : Les hôteliers, pour une promotion du tourisme interne

 

Ce mardi 6 août 2019, le réseau des hôteliers du Burkina Faso ont organisé un déjeuner de presse en présence du ministre de la Culture, des arts et du tourisme à Ouagadougou. Ces échanges avaient pour but de faire un bilan général des activités touristiques en 2018 et présenter les nouvelles offres hôtelières pour les vacances de 2019.

Classé troisième dans l’économie mondiale, le tourisme est un secteur important qui participe au développement de l’économie des pays. C’est ainsi que le Burkina Faso s’y implique pour son développement. Cette structure transversale implique d’autres secteurs comme le transport, la restauration.

Pierre Célestin Zoungrana, président de la FOPATH

Le président de l’Association patronale des hôteliers et restaurateurs du Burkina (APHRB), Pierre Célestin Zoungrana, tout en remerciant le ministre de la Culture qui prône pour le devenir du tourisme, a tenu à rappeler et à rassurer que l’hôtellerie n’est pas seulement destinée aux étrangers. Il n’y a « aucune intention délibérée de notre part de soustraire nos populations des villes et campagnes, de nos prestations », dévoile monsieur Zoungrana. Pour redorer le blason de l’hôtellerie, le président de l’APHRB annonce la révision des prix et des prestations pendant des périodes ciblées. Cet acte vise à soutenir les activités socio-économiques et culturelles pendant les vacances, encourager les jeunes à la pratique du tourisme, présenter leurs produits et les prestations hôtelières, valoriser les produits locaux…

Nelson Congo, directeur général ONTB

Nelson Congo, Directeur général de l’Office national du tourisme du Burkina (ONTB) a, quant à lui, présenté le bilan de la saison touristique de l’année 2018 qui a connu une nette progression. En effet pour l’année 2018, les établissements d’hébergements touristiques ont connu une hausse de 5,4% contre 4,9% en 2017. Cette hausse s’explique avec l’avancée du tourisme interne qui représente 73% des arrivées globales et une relance du tourisme récepteur. Pour lui cela « montre une certaine résilience de l’activité touristique face aux évènements sécuritaires ». Cependant, la performance hôtelière comme la durée du séjour, la dépense moyenne journalière, a connu une « dégradation en 2018 », fait-il savoir. L’aéroport international de Ouagadougou a plutôt enregistré en 2018, une hausse de 7,0% des arrivées des touristes. Cela s’explique par les manifestations culturelles qui ont aussi joué un grand rôle dans la croissance des arrivées des touristes. Pour développer le projet « destination Burkina Faso » qui vacille avec l’insécurité, le ministère et les professionnels des voyages se sont investis à travers la communication, des formations, et des mesures sécuritaires. Malgré la situation sécuritaire, la filière voyage et tourisme a connu par contre une hausse de ses activités en 2018, hausse enregistrée dans la billetterie. Les circuits et les excursions ont aussi enregistré une progression de 550 dans les circuits et excursions. En somme, l’année 2018 a eu une recette de 53 385,0 milliards de FCFA dans les recettes hôtelières, soit une hausse de 2,8%.

Abdoul Karim Sango, ministre de la culture, des arts et du tourisme

Pour le ministre de la Culture, des arts et du tourisme, Abdoul Karim Sango, le secteur touristique est le plus impacté par l’insécurité. Les touristes en provenance de l’étranger ont diminué dès l’année 2017. Pour cela, le Burkina Faso se classait à la 7e place selon l’UEMOA avec 143 646 touristes tandis que les pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo reçoivent plus de visiteurs. Pour que le problème d’insécurité n’entraîne pas un déclin de ce secteur, le ministère du tourisme a décidé d’opter pour le tourisme interne en partenariat avec la FOPATH. Pour lui, « les premiers touristes, ce sont les nationaux », ils doivent connaitre leur pays. Ainsi, il lance un appel aux Burkinabé à privilégier la « destination Burkina » pour découvrir avec leur famille, le patrimoine de leur pays. Pour la réussite de ce projet, une réduction de 25% sera faite sur les frais hôteliers sur l’ensemble du territoire pour les nationaux dans les hôtels membres de la FOPATH. Cette offre a pour but de créer l’attractivité et le développement du tourisme interne de vacances et de loisirs au Burkina Faso. Le ministre Sango a, par ailleurs, encouragé les opérateurs du tourisme à toujours maintenir le cap dans la qualité de leur prestation.

Une colonie de vacances pour redorer l’image du tourisme

Les hommes et femmes de médias

Le directeur de l’ONTB a, au cours de ces échanges, invité la presse à participer à la promotion du tourisme. Il a aussi lancé un appel aux burkinabés « à s’approprier de la richesse culturelle au Burkina Faso ». Pour cela, l’ONTB y contribuera à travers une colonie de vacances pour les enfants de 7 à 15 ans dans les régions du Centre-ouest et de la Boucle du Mouhoun. Cette colonie sous forme de loisir, contribuera à leur éducation culturelle. Concernant la réduction des frais d’hôtel, le ministre explique que « cette campagne est pour habituer les Burkinabè à découvrir le riche patrimoine culturel et touristique de leur pays ». Il invite les étrangers à ne pas se laisser influencer par le terme « zone rouge » car les « sites du Burkina Faso sont très fréquentables ». Le tourisme interne n’est pas dans l’habitude des Burkinabè et cette attitude doit changer. C’est dans cette même lancée que le président de la FOPATH invite les Burkinabè à visiter leurs sites d’hébergements, les sites touristiques, les sites culturels. Cette réduction des tarifs hôteliers s’étendra sur une durée de deux mois, du 1er août au 30 septembre 2019 sur toute l’étendue du territoire national.

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