Rencontre Presse-Cfop/BF : L’évolution de la situation sécuritaire au menu des échanges

 

Après un mois de pause pour des raisons de congés de l’Administration du Chef de file de l’Opposition politique (CFOP), les points de presse hebdomadaire reprennent ce mardi à Ouagadougou, en son siège.

Le point de presse hebdomadaire du Cfop a repris ce mardi 17 septembre 2019, sous l’animation du Président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF), Adama SERE et Aristide OUEDRAOGO, Président du Front patriotique pour le renouveau (FPR). En effet, l’évolution de la situation sécuritaire, la crise dans le secteur de la santé, la santé du Général Djibril BASSOLE, et la marche-meeting de l’Union d’action populaire (UAP), étaient les sujets du jour relatifs à la vie de la Nation..

De prime abord, à l’occasion de l’An IV du Putsch manqué de 2015, une minute de silence a été observée en la mémoire de toutes les victimes de ces événements douloureux.

L’évolution de la situation sécuritaire

L’Opposition politique note avec désolation, la dégradation continue de la situation sécuritaire au Burkina Faso. Les Burkinabè gardent en mémoire l’événement tragique de Koutougou, du nom de cette commune où 24 des soldats ont péri le 19 août dernier dans une attaque terroriste d’envergure. D’autres attaques contre des militaires et des civils ont été enregistrés. L’un des derniers faits en date, c’est le retrait des policiers du Commissariat de Djibo. L’information a été donnée par la presse, selon le Cfop mais la Direction générale de la police nationale, elle, parle de repli tactique. Heureusement, les nouvelles informations données par les médias font état de l’arrivée massive de militaires à Djibo, ce qui rassure les populations en général et les habitants de cette ville en particulier. Ces tristes événements sont venus accélérer le mouvement des populations des zones attaquées. Alors que la Rentrée scolaire aura lieu dans deux semaines, des centaines de bâtiments scolaires sont occupés par nos frères et sœurs réfugiés internes.

Face à cette situation, l’Opposition politique salue l’élan de solidarité à l’endroit des compatriotes déplacés. Elle plaide toutefois pour la construction de camps de déplacés dans les sites où il n’y en a pas. Cela permettra non seulement de libérer les écoles pour les élèves, mais aussi de créer de meilleures conditions pour la sécurité, la santé et le logement acceptable des déplacés, en attendant des solutions à moyen et long termes. Selon les conférenciers du jour, l’Etat a déjà trouvé une solution pour permettre aux élèves en classe d’examen et en situation de déplacés de composer pour les examens de fin d’année. « Cette solution pourrait être appliquée à l’année scolaire, avec des écoles sous tentes temporaires et sous surveillance sécuritaire » , proposent-ils.

Dans le même registre sécuritaire, en vue d’apporter une réponse endogène à la crise, la CEDEAO s’est dotée d’un plan d’actions 2020-2024 d’un milliard de dollars US. C’était à l’issue du sommet extraordinaire de la CEDEAO et du G5 Sahel contre le terrorisme, qui s’est tenu à Ouagadougou le 14 septembre dernier. L’Opposition burkinabè salue cette initiative de la CEDEAO. Elle souhaite que, précisément au Burkina, l’argent soit effectivement investi dans la formation et l’équipement des FDS, et non dans les poches « d’individus véreux qui bâtiront des châteaux et rouleront carrosse » . D’autant que le Président de l’ASCE/LC lui-même, Luc Marius IBRIGA, a récemment pointé du doigt, à travers une interview accordée à Libre Infos, la corruption dans le secteur de la Défense.

Crise dans le secteur de la santé

Depuis le 27 novembre dernier, le Syndicat national de la santé humaine et animale (SYNTSHA) et d’autres syndicats de la Santé sont en grève. Cette grève a entrainé une crise profonde du système sanitaire, avec des conséquences dévastatrices sur les patients et sur toute la population. A titre d’illustration, les blocs opératoires des CHU de Ouagadougou (Yalgado, Tengandogo, Bogodogo) et de Bobo-Dioulasso sont saturés à cause du nombre élevé d’évacuations sanitaires locales et en provenance des autres provinces. Cette crise joue aussi sur la qualité de la formation des paramédicaux et des médecins dans les formations sanitaires. De même, elle entrave la bonne formation des étudiants en science de la santé, des élèves des écoles nationales de santé publique (ENSP) et des écoles privées de santé. Cependant, les revendications des travailleurs de la santé ont trait, entre autres, aux ressources humaines, aux équipements, aux consommables et autres matériels de travail. C’est donc à juste titre, selon l’Opposition politique, car les travailleurs n’arrivent plus à répondre convenablement aux attentes des populations dans les conditions de travail actuelles.

Toutefois, au regard de la catastrophe humanitaire en cours, l’Opposition politique demande aux acteurs concernés de privilégier le dialogue, pour trouver au plus vite une issue à cette crise. Pour cela, il est nécessaire que le Gouvernement respecte enfin ses engagements, et que les travailleurs de la santé suspendent ou, tout au moins, allègent leur mot d’ordre de grève.

La santé du Général Djibril BASSOLE

En parlant toujours de santé, le cas du Général Djibril BASSOLE précisément, se fait aborder. L’ancien ministre des affaires étrangères a été condamné à dix ans de prison ferme le 02 septembre dernier, dans le cadre du procès du Putsch manqué. Mais Djibril BASSOLE est malade depuis quelques temps, ce qui lui avait valu son évacuation en Tunisie en début d’année. Son séjour de Tunisie a été écourté et ses soins interrompus. Monsieur BASSOLE devait repartir en Turquie le 10 mai dernier pour poursuivre ses soins, conformément à ce qui avait été promis par les plus hautes autorités du pays. Malheureusement, selon le Cfop, le Général n’a pas encore reçu d’autorisation du Gouvernement pour aller se soigner à ses frais. Selon les propos des membres du Cfop, la fille de Monsieur BASSOLE alertait l’opinion et les autorités, mardi passé, sur la dégradation de la santé de son père.

L’Opposition politique demande aux autorités burkinabè de permettre à Djibril BASSOLE d’aller se soigner. « Nous respectons la décision de justice, mais nous respectons tout aussi le droit à la vie et le droit à la santé qui sont des impératifs humanitaires » . Dans un contexte de profonde crise sociale, selon eux, si le pire advenait à monsieur BASSOLE parce qu’on l’empêche d’aller se soigner, le tissu social s’en trouverait davantage fragilisé.

La marche-meeting

Le lundi 16 septembre 2019, une vingtaine d’organisations syndicales et de la société civile, regroupées au sein de l’Union d’action populaire (UAP) ont organisé une marche-meeting à travers le pays. Mais à Ouagadougou et dans d’autres villes, la manifestation a été déclarée non-autorisée par les autorités locales. Pour cette raison, les Forces de l’ordre ont dispersé, essentiellement à Ouagadougou, à coups de gaz lacrymogène, les manifestants.

Pour l’Opposition politique, au regard des revendications qu’elle juge légitimes, les autorités n’avaient pas de raison d’empêcher la marche-meeting. En effet, de citoyens ont usé de leurs droits civiques garantis par la Constitution et les lois, pour dénoncer la manière dont le pays est dirigé. L’Opposition note d’ailleurs que les manifestants se sont exprimés de manière pacifique, dans l’ordre et la discipline. « C’est tout à leur honneur » .

Malheureusement, l’Opposition politique déplore les blessés enregistrés suite à l’usage excessif de la force publique, tout en souhaitant un prompt rétablissement à ces blessés. Concernant l’idée véhiculée par le Pouvoir, selon laquelle la marche-meeting était inopportune, l’Opposition estime que c’est une fuite en avant. « En effet, le MPP lui-même mène quotidiennement des activités politiques au Burkina et hors du Burkina, malgré l’insécurité. Des cas de détournements sont enregistrés, malgré l’insécurité. Donc, ce ne serait pas une manifestation pour exiger, entre autres d’ailleurs, la sécurité, qui serait inopportune » , a lancé le Cfop pour terminer.

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