Procès du putsch manqué : Eloi Badiel donne sa version des faits

Le procès du putsch manqué de 2015 à Ouagadougou se poursuit avec l’audition des accusés. Le lundi 9 juillet 2018, c’est au tour de l’adjudant-chef major Eloi Badiel de se défendre et donner sa version des faits.

Âgé de 52 ans, l’adjudant-chef major Eloi Badiel totalise 32 ans de carrière. Il est poursuivi pour « attentat à la sureté de l’état, meurtre, coups et blessures volontaires ».

« J’ai l’impression que tous ceux qui viennent ici, se sont concertés pour tout déverser sur moi », déclare-t-il. En effet son nom a été cité plusieurs fois par la majorité des accusés qui l’ont devancé à la barre affirmant avoir reçu des ordres venant de lui. En effet, il ne nie pas avoir donné l’ordre d’arrêter le président de la transition, le premier ministre ainsi que deux autres ministres. Selon lui, cet ordre a été donné par un supérieur transmis à lui par le sergent-chef, Roger Koussoubé dit « Touareg ».

Il voulait s’assurer si l’ordre venait réellement du général. Il se dirige vers un autre supérieur à savoir l’adjudant Jean Florent Nion pour confirmer l’information car le capitaine Abdoulaye Dao était à Bobo. Nion envoie alors un message au général qui répond qu’il est à la maison, puis les deux hommes se séparent. C’est à 12h30-13h, pendant qu’il déjeunait chez lui que le Sergent-chef Roger Koussoubé l’appelle à le rejoindre urgemment au palais, relate Eloi Badiel. C’est de là, que le message sera confirmé. Pour accomplir sa mission, il fera appel à Moussa Nebié alias Rambo et Jean Florent Nion. Quant à l’adjudant Ouékouri Kossé arrivé en retard, il sera envoyé en observation avec l’adjudant Mohamed Laoko Zerbo dans une aille de la présidence du Faso sans être au courant de ce qui se préparait.

Concernant le passage au domicile du regretté Salifou Diallo, il dit s’y être rendu en compagnie de l’adjudant Ouékouri Kossé sur l’instruction du colonel Boureima Kéré, pour éviter le pillage. Parlant du studio Abazon saccagé, il reconnait avoir envoyé des hommes vers le SIAO pour porter secours à l’un des leurs, mais pas au studio. Il affirme cependant qu’il n’a pas envoyé des patrouilles en ville, à Savane Fm ou dans la ville de Zorgho. Aussi, il ne reconnait pas avoir envoyé le sergent-chef Ali Sanou, monter la garde au conseil. Pour son avocat, Me Bali Baziemo, « mon client n’a fait qu’exécuter un ordre. Maintenant, il appartient à chacun d’apprécier cet ordre ».

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