Politique : « il est hors de question de découpler » les élections de 2020, darde l’Opposition burkinabè

Ce mardi 19 mars 2019, s’est tenu le traditionnel point de presse hebdomadaire de l’opposition politique burkinabè. L’occasion a été donnée aux animateurs, notamment Mamadou Kabré et Yumanli Lompo de revenir sur le rapport de l’enquête du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), concernant d’éventuelles violations des droits humains au Burkina. Aussi la question du passage à la cinquième république, les mésententes au ministère de l’Economie et les revendications des travailleurs de l’éducation, ont été évoquées.

Suite à la riposte des Forces de défense et de sécurité faisant cas de la neutralisation de 146 terroristes, le MBDHP avait ouvert une enquête selon laquelle, lors de cette riposte il y a eu des exécutions sommaires et extrajudiciaires. C’était le 13 mars lors d’une conférence de presse au siège du MBDHP, et dès le 14 mars, le gouvernement a annoncé « qu’une enquête sera ouverte » afin de faire lumière sur cette affaire. A cet effet, l’opposition politique a réaffirmé son soutien aux Forces de défense et sécurité (FDS) “dans la guerre contre le terrorisme“ . L’opposition burkinabè dit être contre toute exécution sommaire ou extrajudiciaire, car « elle comporte des risques énormes d’erreurs et peut être utilisée comme instrument de règlement de comptes », explique monsieur Mamadi Kabré, président du PRIT-lanaya. Cependant, ne disposant pas d’élément afin d’infirmer ou d’affirmer le rapport d’enquête du MBDHP, l’opposition « souscrit à l’idée du gouvernement d’ouvrir une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé ».

Concernant le passage à la cinquième république, le gouvernement a annoncé que cela se fera par voie référendaire. L’opposition dit n’avoir « exercé aucune pression sur le président Kaboré » par rapport à sa décision d’aller en référendum. « Il a pris sa décision librement et en connaissance de cause », poursuit Mamadi Kabré. C’est l’occasion pour l’opposition de poser la question au gouvernement : « comme la nouvelle constitution sera adoptée par voie référendaire, quand ce référendum aura-t-il lieu ? ». Selon elle, « il est hors de question de découpler » les élections de 2020, car, si les élections des députés sont retardées « le président élu risque de n’avoir pas la majorité pour gouverner » et cela pourrait être la cause d’une crise inconstitutionnelle.

L’opposition a donné sa vision des choses concernant les « remous » qui se font sentir au ministère de l’économie, des finances et du développement dont la cause est le plafonnement des fonds communs à 25%. Suite à cela, « le gouvernement dit avoir invité les banquiers à ne faire aucune ponction pendant un semestre ». C’est pour répondre à cela que l’opposition déclare : « le moratoire d’un semestre n’est pas la solution mais le report du problème. » Pour l’opposition, « le gouvernement aurait dû avoir ce nécessaire dialogue avec les syndicalistes et les banquiers » afin de trouver une solution au remboursement des dettes que certains fonctionnaires ont prêtées.

La Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) avait affirmé qu’en fin mars 2019, elle évaluerait l’application des engagements, y compris la question du statut valorisant et prendrait une décision définitive sur la suite des évènements. Etant donné que la date limitée par le CNSE et aussi les examens de fin d’année sont proches, l’opposition invite le gouvernement à « respecter sa parole donnée » afin d’éviter les perturbations de ces examens. Elle affirme encore que la lutte des éducateurs est « noble », car « au-delà de l’amélioration des conditions de vie et de travail, cette lutte concerne l’avenir même de l’éducation au Burkina Faso. »

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