Irruption de la CRS au CUP de Dori : Cinq étudiants blessés et deux autres arrêtés

Les membres de l’Union générale des étudiants burkinabé (UGEB) ont tenu ce vendredi 14 juin 2019, une conférence de presse à Ouagadougou. Organisée par le comité exécutif de l’Ugeb et celui d’initiative de Dori, cette rencontre a pour objectif d’expliquer les répressions abattues sur les étudiants du Centre universitaire polytechnique (CUP) de Dori par des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS).

Le jeudi 6 juin 2019, « les étudiants du Centre universitaire polytechnique (CUP) de Dori, ont été sauvagement réprimés par les éléments de CRS », a déclaré le président de l’UGEB, Traoré Danouma Ismaël. Mais qu’est ce qui a donc engendré une telle situation dans un centre d’étude ? La question ne fut pas sans réponse.

En effet, le CUP de Dori a effectué sa rentrée académique le 7 janvier 2019 « sans site propre, sans restaurant universitaire, encore moins d’eau potable ». Les premières promotions des deux filières (élevage et mine) du centre, ont à ce jour exécuté la totalité des cours du semestre I. Aussitôt les cours du S1 finis, ceux du S2 ont été enchaînés. Ainsi, pendant que les évaluations sont programmées, les cours du S2 se poursuivaient tout en créant une situation de chevauchement. Également en contradiction avec la promesse faite par l’administration de ne composer qu’une évaluation par semaine en S2, le Chargé de mission Dr LY Ibrahim, par ailleurs enseignant à l’UFR/SEA de l’Université Joseph Ki-Zerbo, a continué à programmer deux évaluations par semaine, tout en promettant de finir l’année en sept mois.

Cependant, « le 17 mai 2019, l’administration a informé les étudiants de la suspension des cours de la semaine qui coïncide avec la semaine du Ramadan, mais deux évaluations devraient se tenir dans ladite semaine à savoir le lundi 03 et le jeudi 06 juin. Très vite, les étudiants entre en contact avec l’administration pour plaider pour le report de l’évaluation du jeudi au samedi. Contre toute attente, le chargé de mission (CM) signifiera aux étudiants que le devoir sera composé et sous surveillance policière, s’il le faut », a expliqué le président de l’UGEB dont une délégation a été dépêchée sur le site. Selon ses propos, le jeudi 06 juin, le CM s’est fait accompagné par une vingtaine d’éléments de CRS lourdement armés. Seulement 14 étudiants sur 229 ont répondu présents et sont rentrés dans la salle de composition. Quelques temps après, la double centaine d’étudiants regroupés hors de la salle subira une violence inouïe sous la supervision de Ly Ibrahim, faisant cas de cinq blessés dus aux bastonnades et autres sévices corporelles, sans oublier une vingtaine d’étudiants interpelés. Comme si ça ne suffisait pas, le CM conduira la police aux domiciles de certains étudiants considérés comme meneurs pour les faire arrêter et auditionner. Suite à cela, deux étudiants ont passé 24h au commissariat central de police de Dori.

N’Diaye Djibrila Hamadou, étudiant au CUP de Dori et président du comité d’initiative de Dori, raconte les faits. « Les forces de l’ordre nous ont frappés. Je l’ai, moi-même, entendu dire au commandant qu’il faut les mâter. Et à celui-ci de le recommander à ses éléments. Nous avons même reçu des menaces de renvoi », a-t-il laissé entendre. Selon lui, c’est la psychose qui règne aujourd’hui au sein de l’université, sans oublier la suspension des cours par le CM. A en croire N’Diaye Hamadou, il n’était pas le seul à vouloir venir prendre part à cette conférence de presse. En effet, « il y a le camarade Sawadogo Issa qui, à la sortie de Dori au péage, a été interpelé et le passage lui a été interdit. » Il n’a pas manqué de rappeler au passage que l’Étudiant de Dori souffre parce qu’il n’y a pas de restaurant universitaire, ni d’eau potable.

Par ailleurs, le comité exécutif de l’UGEB et le comité d’initiative de Dori dénoncent et condamnent l’intervention musclée des Forces de l’ordre sur le territoire du CUP Dori ; exigent la reprise sans condition de l’évaluation du jeudi 06 juin 2019. L’UGEB indique cependant que Ly Ibrahim et toute l’administration du CUP Dori, sont responsables de la dégradation du climat social. D’après l’Union générale des étudiants burkinabé, une liste de 14 noms se retrouve entre les mains de « cet apprenti fasciste » dont il promet de peser de tout son poids pour les faire renvoyer.

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