Initiative Souveraineté, Dignité et paix : Plus rien ne se fera en Afrique sans la participation du peuple

 

Des membres de l’initiative souveraineté, dignité et paix ont tenu une conférence de presse ce jour 12 décembre 2019 à Ouagadougou. Cette conférence a été une occasion pour eux de donner leurs points de vue sur la question de la présence militaire de la France en Afrique dans le cadre du terrorisme, la convocation faite par le président Français Emmanuel Macron aux dirigeants des 5 pays du G5 sahel, et d’exprimer leur indignation quant à l’exacerbation des attaques terroristes en Afrique.

L’initiative Souveraineté, Dignité et Paix est un mouvement répondant à un élan de sursaut des forces vives, des opinions publiques nationales, sous-régionales et africaines, à refuser toute forme de dicta extérieur et à revendiquer une pleine et entière souveraineté. C’est une initiative d’expression citoyenne de la souveraineté, de la dignité et de la paix des peuples africains, qui coordonne toutes les activités qui vont se mener dans quelques jours au Mali, au Niger, au Sénégal, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire,… Elle a tenu à tirer la sonnette d’alarme concernant la présence des forces militaires françaises en Afrique qui, selon elle, est une autre forme de domination de la France, une manière de protéger leurs propres intérêts. Pour maître Bénéwendé Sankara, la question que nous devons nous poser après l’attaque du mardi 10 décembre au Niger occasionnant 71 morts et plus d’une trentaine de disparus, est « que fait la France ?, à quoi nous sert sa présence militaire en Afrique si nous n’avons rien à y gagner ? Et pourquoi cette attaque survient justement à quelques jours de la rencontre de Pau ? »

Les forces militaires françaises sont présentes depuis 2012 en Afrique. Elles disposent de 4500 hommes, deux drones avec 23 hélicoptères au moins, des avions de chasses. Mais jusque-là, nous ne constatons aucune évolution quant à la lutte contre le terrorisme. Au contraire les choses vont de mal en pis. La  question que se pose Serge Bayala, membre du comité deux heures pour nous, deux heures pour Kamita, à ce propos est « à quoi nous sert cette technologie si ce n’est que pour servir à la protection de quelques terroristes à Kidal ? » Pour lui,  cela nous emmène à douter de la sincérité de la présence des forces françaises sur le territoire Africain. Il est donc important de rappeler à toutes les puissances étrangères qui aident à la résolution de la crise au Sahel, que la sous-région n’est pas un espace d’expérimentation des technologies militaires. L’attaque meurtrière au Niger est  une preuve éloquente pour dire que la présence militaire de la France ne se justifie plus. Elle n’a plus sa raison d’être. La jeunesse africaine d’aujourd’hui a les yeux ouverts et elle ne se laissera plus maltraiter et dominer par l’ancienne métropole.

Les membres de l’initiative considèrent d’ailleurs la rencontre de Pau comme étant une offense et une humiliation à l’égard de nos chefs d’Etats africains. Ils ont saisi l’occasion pour rappeler à Macron que la diplomatie a prévu des règles de bienséance et de civilité. « Qu’il garde en souvenir que chaque fois qu’il veut parler au peuple Burkinabé, au peuple Africain, nous ne permettrons plus des indices d’injure. Nous n’allons plus permettre à n’importe qui de convoquer avec un maximum d’irrespect nos chefs d’État. Car si on leur manque de respect, c’est au peuple Africain que l’on manque de respect » , a indiqué Serge Bayala et d’ajouter : «  Désormais, nous dessinerons par nous-même la ligne de la trajectoire de nos destins ». Un message strict a été envoyé à la France et à Emmanuel Macron : « Les enfants issus de la colonisation, du néocolonialisme ont décidé de s’affranchir de façon définitive » . Un appel à la mobilisation et à l’adhésion de l’initiative a également été lancé à toutes les populations des villes et des campagnes, tous les leaders d’associations, tous les mouvements citoyens, tous les syndicats, toutes formations et partis politiques, tous les artistes, tous les élèves et étudiants et les éléments des Forces de Défense et de Sécurité des pays africains car, « c’est en étant unis que nous gagnerons cette lutte » .  Les actions prévues dans les jours à venir sont entre autres, l’organisation de marches et meetings dans les villes intérieures et dans les capitales politiques ; La production de messages solennels contenant les besoins et les opinions des peuples à transmettre à chaque président membre des pays du G5 Sahel avant son départ pour la rencontre de Pau en Janvier 2020 ; Les mobilisations populaires pour livrer un message le jour du départ et du retour des différents présidents.

 

Biba Derra

1 Commentaire sur "Initiative Souveraineté, Dignité et paix : Plus rien ne se fera en Afrique sans la participation du peuple"

  1. Très bonne initiative car le peuple ne ment pas et ne ce trompe jamais.

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