Inauguration de l’interconnexion Bolgatanga-Ouagadougou : 100 MW de plus pour booster l’énergie

Le vendredi 5 octobre 2018, le chef d’État du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré et celui du Ghana Nana Ado Dankwa Akufo-Addo ont procédé à l’inauguration officielle de la centrale d’interconnexion électrique Bolgatanga (Ghana)-Ouagadougou (Zagtouli). Cette cérémonie qui a vu la présence de nombreuses personnalités, a été l’occasion pour les principaux acteurs comme les ministres de l’énergie burkinabè et ghanéen, le directeur général de la SONABEL, les partenaires techniques et financiers de montrer leur satisfaction face à la concrétisation de ce projet.

La ligne d’interconnexion Bolgatanga-Zagtouli de 225 KV soit 188km est un projet de longue date qui se concrétise à travers cette cérémonie d’inauguration qui est la mise en œuvre effective d’une collaboration entre les deux pays à savoir le Burkina Faso et le Ghana. Il est fonctionnel depuis le 28 juin 2018. Depuis sa mise en place, ses avantages sont forts remarquables à travers la baisse des délestages, la diversification des sources d’énergie, la réduction de la subvention de l’État en matière d’énergie…Grâce à ce projet, 3500 ménages sont fournis en électricité. Ce projet qui s’élève à 55,6 milliards de FCFA a été financé par la Banque mondiale, la Banque Européenne d’Investissement, l’Agence Française de développement, la SONABEL et la GRIDco.

Pour le Directeur général de la SONABEL, François de Salles Ouédraogo, ce projet a pour but « de contribuer au développement économique et social du Ghana et du Burkina Faso, ainsi qu’au renforcement de l’intégration régionale dont elle constitue un maillon important ». Par cette interconnexion, la SONABEL pourra exploiter 100 MW comme convenu. L’entreprise EIFFAGE s’est chargée de l’exécution des travaux. Selon monsieur Ouédraogo, « l’interconnexion Bolgatanga-Ouaga traduit la force de la solidarité africaine ».

Le déficit énergétique du Burkina Faso est fort remarquable et coûte beaucoup à l’État. « Chaque année le gouvernement subventionne à hauteur de 21 milliards sinon plus, pour notre consommation d’énergie. Cela devenait insoutenable non seulement pour le Budget de l’État mais aussi pour le consommateur final qui a un coût de KWh très élevé », confie le ministre de l’énergie du Burkina, Bachir Ismaël Ouédraogo. « Le mix énergétique donc l’interconnexion avec le Ghana, nous permettra non seulement d’augmenter la capacité en matière de productivité mais aussi de réduire de façon significative le coût de KWH », déclare-t-il sur l’importance de l’interconnexion et n’a pas manqué de saluer l’initiative des deux présidents. En effet, le Burkina Faso a des difficultés de production d’énergie avec un déficit de 100 MW évoluant à 200 MW. Ce déficit est dû à la croissance démographique avec un besoin qui augmente. Ainsi, «il faut nécessairement que nous puissions augmenter la capacité en matière de production », souhaite monsieur le ministre. Pour lui, il est nécessaire de diversifier l’accès à l’énergie, augmenter les interconnexions mais « il faut compter sur ses propres forces aussi parce que une fois que vous avez un problème avec la ligne, il faut être à mesure à l’interne de pouvoir démarrer pour avoir une production suffisante et combler le déficit », soutient-il. Le souhait est d’exploiter et d’exporter l’énergie solaire qui renferme des avantages afin de réduire le coût de revenu des ménages en matière d’énergie et d’augmenter l’économie du pays.

Concernant les délestages que rencontre le pays, la venue de la ligne ne signifie pas la fin des délestages car « une ligne a beaucoup d’intempéries. Nous avons des lignes qui sont aériennes. Aujourd’hui vous ne pouvez pas dire que la ligne ne peut pas avoir de problème », déclare le ministre de l’énergie burkinabè. En cas de problème, « nous devons être à mesure de basculer que ce soit sur notre interconnexion ou sur la production nationale pour pouvoir faire le relais. Nous sommes en train de faire des efforts sur le plan national pour augmenter la capacité ».

Il a félicité la SONABEL et toute l’équipe qui « bataille jour et nuit pour nous permettre d’augmenter la capacité en matière de production » et a rassuré sur le renforcement progressif des machines qui ont une trentaine d’année d’existence.

Le représentant de la banque mondiale, Cheick. F. Kanté, manifestant sa satisfaction face à l’aboutissement de ce projet, n’a pas manqué de féliciter les deux pays. Pour lui, « la mise en service de cette interconnexion vient concrétiser les avantages réciproques tirés du développement d’un marché régional de l’électricité, initié par les États membres de la CEDEAO, avec l’appui des partenaires financiers, dans le cadre du système d’échange d’énergie électricité Ouest africain ». En plus, il a loué les bienfaits de ce projet qui renforce l’économie des deux pays et participe au marché régional de l’électricité. Il a témoigné de sa joie d’avoir accompagné ce projet.

La cérémonie a pris fin avec la coupure du ruban et une visite de la centrale d’interconnexion Bolgatanga-Zagtouli.

D’autres connexion avec le Nigéria, le Niger, le Bénin et le Togo sont prévues à travers le projet « Dorsale Nord » ainsi qu’un projet d’énergie solaire à travers la mise en place de plusieurs centrales photovoltaïques dans le pays.

 

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