Frère Malkhom : « je n’ai pas de regret, je suis dans aller de l’avant » , dixit l’artiste rappeur

Il est un artiste africain et panafricain du Burkina Faso. Évoluant dans le monde du hip hop, le rappeur a fait ses débuts en Côte d’Ivoire avant de rentrer au Burkina où, il a formé le groupe FASO KOMBAT qui va par la suite se disloquer. Frère Malkhom, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a tenu une interview avec un journaliste du quotidien « Editions Faso-Actu ». Lisez plutôt les propos recueillis lors de cette rencontre !

Faso-Actu (FA) : Bonjour frère Malkhom, pouvez-vous vous présenter à l’état civil ?

Frère Malkhom (FM) : Bonjour à tous les lecteurs de Faso-Actu. Moi, c’est frère Malkhom. Je me nomme Ouédraogo Salifou à l’état civil et je suis artiste rappeur africain du Burkina Faso

FA : Combien d’album avez-vous à votre actif ?

FM : J’ai à mes actifs, deux albums et deux singles. Je prépare mon troisième album

FA : Que faites-vous, autre que la musique ?

FM: J’ai l’habitude de dire qu’à part la musique, je fais de la musique. Parce que j’ai un studio d’enregistrement qui s’appelle « Madiba record » où je suis arrangeur. Donc, hors mis frère Malkhom chanteur, il y a aussi frère Malkhom arrangeur.

FA : Que pensez-vous du Rap burkinabè de nos jours ?

FM: Mes sentiments par rapport au rap burkinabè sont clairs. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le rap a disparu ou que le rap n’est plus à la mode. A l’époque, il y avait le rap burkinabè et la musique burkinabè. Je pense qu’aujourd’hui, le rap burkinabè est rentré dans la musique burkinabè. Et il y a des rappeurs qui n’aiment pas ça. Ils veulent que le rap soit une musique restée à part. Moi, je ne suis pas dans cette dynamique. De nos jours, on dit que le rap ne marche pas mais aujourd’hui, je tourne mieux qu’avant et je fais de tournées plus qu’avant. Tout est une question de direction, de qui on veut atteindre et pour qui on fait sa musique. Moi, je suis rassuré et je continue dans ma lancée.

FA : Nous allons aborder une question peut être sensible. Avez-vous la nostalgie de Faso Kombat ?

FM : Non, ce n’est pas une question sensible. Nostalgie, non. Pas pour le moment parce que c’est une nouvelle expérience que je tente. Je suis motivé dans la construction de ce truc-là, de le faire grandir. Je n’ai pas de regret, je suis dans « aller de l’avant » .

FA : Dans un de vos titres à savoir celui feat bonssa, vous dites : « le rap m’a tout donné ». A quoi faites-vous référence ?

FM : Le fait même d’être là aujourd’hui devant un journaliste, c’est grâce au rap. C’est le rap qui m’a permis d’être cette personne qui est, en toute humilité, très respectée au Burkina. Je suis très content parce que les gens ont du respect pour moi et tout ça, c’est grâce au rap. En dehors du rap, je n’ai pas fait quelque chose d’autre. Je crois que c’est par rapport à mes messages et à mon comportement. Donc, j’ai presque l’envie de dire que je dois toute ma vie au rap. Je suis de formation électricien bâtiment mais personne ne me connait en tant que électricien, un métier que je ne pratique plus grâce au rap. Alors, le rap m’a tout donné.

FA : Le ministre de la culture, est-il à la hauteur de vos attentes ?

FM : Je suis différent et je le sais. Je suis différent de tout le monde. Pour moi, le ministère de la culture c’est juste le ministère de la culture. Je n’ai pas l’intention d’y faire un Tour. Je ne compte pas sur le ministre pour construire ma carrière. Je fais seul mes projets. Quand je suis au studio, je ne pense pas au ministère. Je me concentre sur ma propre énergie, sur ma propre qualité, mes propres envies. Le ministère de la culture franchement, je ne me suis jamais intéressé.

FA : On va parler politique. Le 29 septembre dernier, il y a eu la marche-meeting de l’opposition. Il y a cependant des gens qui étaient pour cette marche et d’autres, contre. Quel est votre point de vue ?

FM : Sans rentrer dans les détails, je pense que tout burkinabè doit être responsable. Je ne suis pas du genre à tirer sur l’ambulance. Le Burkina est actuellement dans une ambulance et je ne vais pas tirer sur le Burkina. Je travaille à ce que le Burkina se tienne sur ses deux pieds, que le Burkina relève la tête. Tout ce qui contribue à ce que le Burkina grandisse, on me verra là-dedans mais tout ce qui peut contribuer à mener des combats pour alourdir le Burkina alors qu’il est déjà attaqué, je ne m’engage pas dans de tels projets. On est dans une période sensible où on est agressé de toute part. L’idéal pour nous, serait d’être solidaire. Je ne parle pas politique, je parle du Burkinabè. On sent que les ennemis du Burkina grandissent tous les jours. Ils ont plus de forces qu’avant et on sent également qu’ils ont le soutien de ceux qu’on connait, qui nous ont toujours combattus. On sent que y a des mains derrière mais nous, on ne va pas aussi  être à l’intérieur et détruire le pays. Je pense qu’on doit être résistant, s’accrocher et se faire confiance. A partir de là, on pourra sortir de cette crise-là.

FA : Votre avis sur la gouvernance du régime MPP

FM : Je ne suis pas de vision d’un parti politique. Je vois les personnes et c’est comme je l’ai ci-haut dis. Je n’attends rien de la présidence ou de qui que ce soit. Que ce soit Trump ou Obama, je n’attends rien d’aucune politique que ce soit. L’existence humaine précède les politiques. Et on peut continuer à exister sans ces politiques. Ceux qui sont au-dessus et qui font leur travail, s’ils le font mal alors ils sont responsables de ça. Mais passer mes journées à parler d’eux ne contribuera pas à faire avancer les choses. Pour notre spectacle « les archives parlent », on a réuni 600 personnes dans la salle. On n’a pas eu besoin de Rock Kaboré, ni du ministre de la culture. Vous êtes là pour une interview sans l’avis de Roch, ni du ministère de la culture. Je pense qu’on doit se construire comme ça. On ne doit pas se lever le matin et se dire : « je galère à cause du président, à cause de l’opposition ou bien, je galère à cause des terroristes ». Chacun doit se battre au quotidien. Y a que par de petites choses, qu’on peut arriver à faire de grandes choses.

FA : Votre mot pour la fin

FM : C’est déjà te dire merci de passer nous voir, de voir le travail qui se fait et prendre les nouvelles de ma carrière. Je suis très content. C’est la première fois que je te vois en interview, tu es un cousin à moi quelque part. Donc, je dis merci et longue vie au journal. Et on aura d’autres occasions de se voir sur des scènes encore plus larges.

Sah Abdoul Latif Ouédraogo

 

 

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