Formulation du « Plan d’Action National » : réduire, voire éliminer les émissions du mercure dans le secteur minier

Un atelier se tient les 20 et 21 mars 2019 à Ouagadougou sur la formulation du Plan d’Action National (PAN). En effet, une cérémonie d’ouverture des activités, a eu lieu ce mercredi sous la présidence du Secrétariat général du ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique.

Le Secrétariat général du ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique a procédé ce mercredi 20 mars 2019 à l’ouverture de l’atelier de formulation du « Plan d’Action National » pour la réduction, voire l’élimination des rejets et émissions du mercure dans le secteur de l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) de l’or au Burkina Faso.

Entrée en vigueur le 16 août 2017, le Burkina Faso est devenu partie à la convention de Minamata sur le mercure, le 10 avril 2017 (traité mondial visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et les rejets anthropogéniques de mercure et de composés de mercure. Cette convention, en son article 7, exige des pays où des activités minières artisanales et à petite échelle sont menées, d’élaborer un plan d’action national pour ledit secteur.

A cet effet, le Plan d’Action National (PAN) a été initié sur financement du Fonds pour l’environnement mondial, dans l’optique d’accompagner le Burkina Faso au respect de cette obligation. Un financement d’un montant global de cinq cent mille (500 000) dollars US et d’une durée de deux (02) ans, qui vise à réduire, voire éliminer les rejets et émissions du mercure dans le secteur de l’exploitation minière artisanale à petite échelle. Par ailleurs, le Burkina Faso bénéficie de l’assistance technique de l’Organisation des nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et de l’Artisanal Gold Council (AGC) pour le développement de son plan d’action.

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture des travaux, Mamadou Coulibaly, chargé d’étude au Secrétariat général du ministère de l’Environnement, indique que « le secteur de l’exploitation Minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) de l’or, est le plus grand consommateur de mercure dans le monde » , tout en précisant qu’ « à l’échelle mondiale, 1400 tonnes de mercure estimées,  ont été utilisées pour les besoins de l’orpaillage en 2011 » . A l’en croire, l’inventaire de 2017 au Burkina sur les sources d’émissions et de rejets de mercure a révélé que le secteur de l’EMAPE de l’or, est la première source d’émission intentionnelle de mercure dans l’air. « Il serait rejeté annuellement, une quantité de plus de 32 tonnes de mercure dans l’environnement » , a-t-il soutenu et précisé que le système d’extraction artisanal de l’or actuel du Burkina, est loin de satisfaire la politique de protection environnementale. Pour lui, ce système est caractérisé par d’énormes difficultés qui s’ajoutent aux risques pour la santé humaine.

Quant à Milène Pacheco, chef de projet au sein de l’Artisanal Gold Council (AGC), « il y a plus ou moins, huit (08) ans que l’AGC travaille au Burkina en collaboration avec le gouvernement et aussi avec les organisations internationales mais surtout avec les orpailleurs sur le terrain pour améliorer les techniques qu’ils utilisent pour récupérer de l’or » . Cette collaboration, selon Mme Pacheco, vise à réduire ou éliminer, compte possible, l’utilisation du mercure. A la question de savoir si cela pourrait être possible au Burkina Faso, le chef de projet de l’AGC nous affirme que « c’est un défi important, mais quand-même possible » car, il y a des solutions qui peuvent être utilisées pour éliminer l’usage de mercure et améliorer les conditions techniques de travail des orpailleurs et des communautés. Mais, selon elle, « il faut mettre des actions en ordre » pour que cela puisse se réaliser d’où, le Plan d’Action National qui est le premier pas de cette direction.

Notons que cet atelier a pour objectif de formuler ce Plan d’action, plus spécifiquement en validant les documents de l’inventaire et de la santé du projet, de recueillir les contributions des parties prenantes sur la formulation du plan, et faire des recommandations pour sa formulation. Des résultats sont attendus aux termes dudit atelier.

 

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