Dozos : « Ils ne pensent qu’à eux d’abord mais je pense que ces genres de pensées sont dépassés » , dixit l’artiste

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Il est un artiste musicien évoluant dans le domaine du rap. Son œuvre discographique intitulée « en attendant la femme du Nord », date de 2013. Balafon, Djémbé et surtout le “tiahoun“ sont ces instruments, mis en exergue dans son style rythmique. L’artiste Dozos, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fait un mélange de musique traditionnelle et moderne. Resté pendant un bout de temps dans l’ombre, le « Bwa » authentique promet de refaire bientôt surface sur la scène musicale.

Faso actu (FA) : Bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dozos : Bonjour, je suis Doyé Janvier Dofinissé à l’état civil et mon nom d’artiste est « Dozos » , artiste musicien compositeur. Je suis également un professeur au lycée municipal de Dédougou.

FA : Combien d’albums avez-vous à votre actif ?

Dozos : J’ai à mon actif, un album de neuf titres et un single

FA : Dozos, peut-il dire que la musique nourrit son homme ?

Dozos : Effectivement, c’est une véritable problématique de nos jours car les artistes ont des difficultés. Il y a beaucoup de problèmes auxquels ils sont confrontés et il faut rappeler que l’industrie musicale aujourd’hui, demande assez de moyens. Donc, quand vous-vous battez pour faire sortir un produit, ce n’est parfois pas évident que vous allez pouvoir rentabiliser sur la question de moyen financier. Mais, le fait d’être artiste est une création aussi. Pour moi, c’est d’abord essayer d’aider surtout les fans et tous ceux qui m’écoutent à pouvoir tirer profit du travail abattu et les aider à réfléchir sur les termes pertinents. Du coup pour ma part, oui, la musique nourrit son homme. Puis-qu’avant tout, même si ce n’est pas le corps, il y a déjà l’esprit qui en profite. Et en plus, quoiqu’on fasse, il y a toujours une récompense quelconque qui viendra vous encourager.

FA : Que pensez-vous du rap de nos jours ?

Dozos : C’est une belle question. Le rap devrait beaucoup plus marcher dans nos pays sous-développés, mais c’est surprenant pour moi de voir le contraire. Lorsque vous êtes dans un pays pas tout à fait développé, il y a de ces musiques qui doivent effectivement aider les gens, surtout en les conscientisant. Cela permettra donc de créer un environnement beaucoup plus favorable. Normalement, le rap devrait vraiment marcher. D’une manière générale, le niveau du rap semble régresser mais nous sommes des rappeurs et nous savons que le rap est une musique de combat. Alors, nous dire que c’est tombé n’a pas trop d’importance pour nous. Peut être ce qu’il faut retenir, c’est cette métamorphose qui a permis aux mélomanes de voir autrement le rap. Je pense qu’il y a beaucoup de sonorités que nous écoutons aujourd’hui, qui sont nées de ce style de musique donc, c’est le rap toujours qui gagne. Une manière de dire que le rap est toujours debout.

FA : Votre 1er album date de 2013. Les fans se demandent, à quand pour le deuxième album ?

Dozos : On est déjà là-dessus mais la question de la date n’est pas précise, vu que tout n’est pas profilé. On a déjà commencé les enregistrements avec le studio Abazon où j’ai fait le premier. Cet album là, c’est vrai que ça met beaucoup plus de temps mais il ne faut pas voir la question du temps. Il faut plutôt voir la question de la réussite. C’est vrai, ça prendra le temps que ça va prendre mais nous comptons sortir un travail de qualité pour ne pas décourager les fans. Cela nécessite assez d’entrainements puisque l’album sera enregistré en grande partie live. Comme je joue un instrument traditionnel, je dois beaucoup travailler avec les musiciens modernes afin de pouvoir faire sortir cette qualité tradi-moderne qui va satisfaire les fans et tout le public. Ce qui est sûr, c’est que les vacances de cette année entendront parler de Dozos.

FA : Votre ministère à savoir celui de la culture, pensez-vous qu’il soit à la hauteur de vos attentes ?

Dozos : D’abord, le ministère de la culture a un grand boulot parce que le secteur de la culture est très vaste. Normalement, ça devrait être le ministère à avoir beaucoup plus de moyens. La culture est l’intermédiaire surtout dans le développement. Aucun pays justement, ne peut se développer sans la culture. Malheureusement, j’ai l’impression qu’il y a un manque de moyen pour soutenir la culture au Burkina Faso. Sans doute qu’ils font ce qu’ils peuvent mais beaucoup d’efforts restent à fournir. Dire maintenant qu’ils ne sont pas à la hauteur, moi je dirai plutôt que le travail déjà abattu n’est pas négligeable. Cependant, est-ce qu’ils ne peuvent pas faire mieux ? C’est là, toute la grande problématique. Je pense qu’il faut investir beaucoup plus dans la musique, la culture et tout ce qui suit. En remarque, le ministère peut être accusé de ne pas aider les artistes car d’autres pays investissent des milliards dans le domaine de la culture. Ces derniers ont compris que la culture est le socle de tout développement, que ce soit du côté de la société ou de l’individu lui-même. Alors si on n’y met pas les moyens qu’il faut, ça va être difficile. Surtout qu’au Burkina, il y a cette panoplie d’artistes et on ne peut pas aider tout le monde sans une bonne politique avec beaucoup de moyens pour accompagner. Mais malgré tout, il faut les encourager et toujours rester positif.

FA : Vous êtes un artiste engagé, quel est votre avis sur la gouvernance MPP ?

Dozos : Nous avions tous cette problématique et je pense qu’il ne suffit pas d’être artiste pour voir ce qui se passe. Ce qui me décourage en tant qu’artiste, je trouve que beaucoup de dirigeants africains en particulier certains du Burkina Faso, manquent de sincérité et de franc jeu. Et comme la politique est le lieu où tous ces défauts sont le plus souvent vus, du coup je ne suis pas trop satisfait parce que j’attendais mieux. Après une insurrection, c’est vraiment un cadeau que nous avons eu pour revenir sur des bases réellement solides afin de construire notre pays, de le développer parce que tous les pays se développent à partir de quelque chose. En Afrique, on avait vu avec les indépendances. C’était l’occasion pour le faire mais on l’a raté. Au Burkina après l’insurrection, les partis politiques se sont lancés mais je pense qu’il n’y a pas assez de dynamisme. J’ai l’impression que les gens regardent beaucoup plus les postes. Ils ne pensent qu’à eux d’abord mais je pense également que ces genres de pensées sont dépassés. Selon moi, l’homme politique ne doit pas être celui qui monte pour distribuer des rôles ou des privilèges mais celui-là qui monte au nom et au service de la collectivité.

FA : Votre mot de fin

Dozos : Je ne saurais terminer sans remercier votre presse en ligne parce que vous faites partie de ceux-là qui sont plus suivis. Et je remercie tous ceux qui travaillent dans ce métier très difficile du journalisme. Vous mettez tous les moyens pour essayer de lancer aussi cette culture en venant vers nous et en essayant de partager ce que nous voulons avec les autres. C’est de remercier aussi ceux qui suivent l’actualité sur votre site et les fans qui attendent puis nous encouragent. Je leur dit de ne pas être trop pressé d’attendre. D’ici-là, Dozos le guerrier à deux visages sera belle et bien sur les scènes musicales.

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