Différence entre terrorisme et djihad : Le CERFI apporte des éclaircissements

 

Depuis quelques années, des individus armés n’arrêtent pas de faire des victimes au Burkina Faso et dans d’autres pays de la sous région. Ce sont des individus qui se disent former une « communauté religieuse » mais ignorent encore quelques notions de base. Certains les appellent des Djihadistes et d’autres, des terroristes. Cependant, il existe une différence entre ces deux noms, et nombreuses personnes n’arrivent pas à en faire la nuance.

Lors de la conférence de presse organisée par le Cercle d’études, de recherches et de formation islamique (CERFI), le samedi 19 octobre à son siège à Ouagadougou, le président du Cerfi, El Hadj Aminou Ouédraogo a profité faire la part des choses, après une question posée.

Pour lui, le terme djihadiste n’est pas employé à sa place. « Le djihad, c’est l’effort que tout le monde fait pour devenir meilleur », a-t-il laissé entendre, tout en prenant l’exemple d’une personne qui quitte un lieu lointain dans l’optique de contribuer au développement du pays. « Quand par exemple, quelqu’un qui vit à Gorgodji ou Gorom-Gorom, résiste pour que les soins de santé puissent exister et fonctionner, c’est ça que l’on appelle le Djihad », a-t-il expliqué et d’ajouter : « ce que l’on voit aujourd’hui avec ces personnes qui attaquent le pays, c’est du banditisme, du terrorisme et il faut l’appeler ainsi. »

L’imam du CERFI, El Hadj Tiego Tiemtoré en a rajouté pour mettre fin à cet amalgame qui dépeint l’éthique de l’islam. Il y a le grand banditisme, le terrorisme, mais « le Djihad c’est tout autre chose. C’est l’effort que chacun d’entre nous, déploie pour être meilleur, pour rendre meilleure photocopie de lui même. En allant à l’école, c’est un djihad éducatif, en travaillant pour son pays c’est un djihad citoyen. Chacun construit sa personnalité, son pays, c’est du djihad », a-t-il fait savoir et de conclure : « Ce que vous voyez autour de vous n’est pas de l’islam », en faisant référence aux actes terroristes.

Aussi, l’imam a saisi l’occasion pour raconter une anecdote sur le prophète Mahomet (S.A.W). Au temps du prophète, à entendre L’imam El Hadj Tiego Tiemtoré, quand les soldats partaient en guerre, le prophète les arrêtait au perron de la Mosquée et leur dit: « vous allez combattre des gens qui vous combattent, n’attaquez aucune vieille, aucune personne âgée, aucun enfant, ne détruisez aucun lieu de culte qui appartient à une autre religion, ne touchez à aucun arbre. Combattez ceux qui vous combattent et soyez juste dans le combat » . De ce fait, selon l’imam, on peut dire que l’islam a civilisé la guerre (…) Cela signifie que même en temps de guerre, il y a une dignité essentielle à respecter. « Et aujourd’hui dans nos mosquées, on précise qu’il faut respecter la dignité humaine, il faut respecter tout ce que Allah a créé, et c’est ça la sacralité de la religion » , a-t-il soutenu.

A en croire le président du CERFI, l’organisation est aussi soucieuse à l’insécurité que traverse le Burkina Faso. C’est pourquoi, un colloque sur l’insécurité a été organisé. Cependant, le CERFI aurait voulu une implication du gouvernement. « Nous aurons voulu une réponse adéquate de l’Etat aux conclusions de notre colloque. L’Etat n’a pas répondu comme on aurait voulu. Après ce colloque, nous sommes allés plus loin et nous avons proposé un programme de lutte contre la radicalisation. En cela aussi, nous n’avons pas eu le financement qu’il faut », a déclaré El Hadj Aminou Ouédraogo, tout en espérant qu’il y aura une réponse car dit-il, « on ne peut pas lutter contre l’insécurité avec seulement les armes, il y a une construction idéologique qui est derrière cela et il faut la déconstruire. »

2 Comments on "Différence entre terrorisme et djihad : Le CERFI apporte des éclaircissements"

  1. Bonjour. Merci pour cet article qui précise les choses. Seulement, je pense que le style journalistique est à revoir. Car les expressions du genre : « à entendre », « à en croire » jettent du discrédit sur les arguments. Il y a des expressions dédiées à un compte-rendu. Il faut en faire usage. Juste un avis.
    Merci pour l’effort d’information.

  2. Bien expliqué

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