Conférence de presse conjointe de clôture à Pau : verbatim de la déclaration liminaire du Président du Faso

 

Sommet du G5 Sahel à Pau en France, du 13 janvier 2020 : verbatim de la déclaration liminaire du Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré à la conférence de presse conjointe de clôture.

« Je voudrais tout d’abord vous remercier, Monsieur le président, pour votre accueil et cette belle rencontre que nous avons eue à Pau. Nous avons fait le point de l’ensemble de la situation, et établi le constat que 2019 a été une année difficile pour le Sahel de façon générale, et le lac Tchad également, dans la mesure où l’accroissement des attaques dans le Sahel, les destructions humaines et matérielles que nous subissons, la crise humanitaire sans précédent que nous vivons dans cette zone, nous ont interpellés et nous montrent que nous devons passer à une étape supérieure dans la coordination de nos opérations.

Aujourd’hui plus que jamais, le constat c’est que les résultats que nous engrangeons pour l’instant, malgré les efforts que nous conjuguons sont en deçà des attentes des populations, qui éprouvent des difficultés majeures. C’est pour cela que nous avons convenu comme le président l’a souligné, de rediscuter du dispositif et de définir des piliers sur lesquels nous allons fonder les futures actions.

Le premier point que je voudrais noter, c’est la nécessité que nous puissions coordonner l’ensemble des opérations de nos différentes forces sur le terrain, et concentrer ces actions sur le fuseau Centre, parce que nous avons constaté que depuis un certain temps, c’est au niveau du fuseau Centre (Mali-Burkina-Niger), qu’il y a les attaques les plus atroces. Un des acteurs essentiels de ces attaques, c’est l’EIGS (l’Etat islamique au grand Sahara). C’est ce groupe que nous devons prioriser, non pas que nous n’allons pas combattre les autres formes de terrorisme, mais il est fondamental de mener le combat contre l’EIGS au niveau des trois frontières de façon prioritaire.

Le second point sur lequel nous nous sommes attardés, c’est la nécessité de renforcer les capacités des armées nationales, et de les doter de moyens qui leur permettent d’assurer le type de combat asymétrique que nous devons mener sur le terrain. Et de ce point de vue, les renseignements, le partage de renseignements reste la clé de voûte du succès de nos combats sur le terrain. Nous devons donc accentuer nos efforts pour consolider la recherche du renseignement et son partage.

Le troisième pilier consiste à faire en sorte que nous puissions restaurer l’autorité de l’Etat, en faisant en sorte que les populations retournent dans leurs localités, car nous avons beaucoup de déplacés internes. Il s’agit également de faire en sorte que nous puissions rouvrir les écoles, les centres de santé et permettre aux populations d’accéder aux soins de santé primaires. C’est une priorité également de l’action que nous devons mener ensemble.

Et enfin nous devons travailler au développement qui va se dérouler à travers le programme de P3S (Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel) que nous avons déjà lancé, et qui va travailler sur le Programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel et le Plan d’urgence que nous avons déjà défini, discuté à Nouakchott, avec des intentions de financements déjà annoncées. Il faut maintenant travailler à ce que les décaissements puissent se faire et que les projets puissent être mis en œuvre.

Concernant les pays du G5 Sahel comme le Mali, nous avons salué le dialogue politique qui s’est engagé entre le gouvernement et les différentes parties. Il a été souhaité que le gouvernement continue ce dialogue et travaille à la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, conformément aux points de convergence sur lesquels ils ont abouti.
Voilà les quatre piliers sur lesquels nous devons fonder notre action. Et c’est cela qui nous amène à travailler à ce qu’il y ait une coalition internationale. Cette coalition internationale regroupe aussi bien la France, les pays du G5 Sahel, l’Union africaine, l’Europe et tout autre partenaire qui veut participer à cette coalition internationale Sahel, que nous avons décidé de mettre en place.

Au-delà de cela, je voudrais préciser qu’au niveau de l’Union africaine, la dernière conférence des chefs d’État a réexaminé la contribution de l’Union africaine à la lutte contre le terrorisme, qui intègre également l’aspect militaire et l’aspect développement, et a décidé de contribuer pour un montant de deux milliards et demi de dollars US, au niveau de la sous-région CEDEAO.

Nous comptons sur l’ensemble des partenaires pour accompagner ce mouvement. Ce que nous avons retenu c’est qu’il faut des résultats probants rapides, parce que nous jouons tous la crédibilité de chaque pays ici présent, et la crédibilité de la coalition de façon générale, parce qu’il peut y avoir le sentiment que nous ne sommes pas capables de gérer le défi que nous avons en face. C’est une urgence pour laquelle nous-nous sommes engagés à faire en sorte que les résultats, au moins sur le terrain militaire, soient rapides pour permettre que les autres aspects liés au développement puissent se mettre en place rapidement. »

Roch Marc Christian Kaboré. Pau (France), 13 janvier 2020.

Retranscription : direction de la communication de la présidence du Faso.

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