CFOP : l’opposition reste ferme sur son désaccord face au nouveau code électoral

Ce mardi 16 octobre 2018, s’est tenu au siège du CFOP, le traditionnel point de presse. Cette rencontre avec les Hommes de médias, a permis aux conférenciers du jour d’échanger sur des points saillants tout en revenant sur la question du code électoral qui n’est toujours pas accepté par l’opposition.

Animé par le professeur Mamadou H.Dicko, président de la Nafa et Amadou Diemdioda Dicko, 4e Vice-président de l’UPC, cet échange a été l’occasion pour l’opposition de réitérer son désaccord face au nouveau code électoral qui pour eux, n’est pas consensuel. Bien avant d’aborder ce problème qui leur semble fondamental, ils sont revenus sur la crise à la CENI. Une crise entre le président et les cinq commissaires de l’opposition, en s’appuyant sur le mémorandum rédigé par ces derniers mais en ne rentrant pas dans les détails. « Nos commissaires qui sont à la CENI, sont mieux placés que nous pour en parler avec moult détails », confie Pr Mamadou H. Dicko. En effet, les commissaires de l’opposition dénonçaient la gestion solitaire de la CENI par le président, la prise de décision et les positions contraires à la plénière.

Pour monsieur Dicko, « cette situation de crise interne pouvait peut-être trouver une solution, si M. Barry s’asseyait humblement avec ses commissaires pour les entendre ». « Nous déplorons que le président de la CENI fasse de sa plate-forme une affaire d’honneur personnelle, une affaire d’égo », insiste-t-il et de s’interroger en relevant des questions économiques de l’organisation des élections. « Que vaut l’égo d’un individu face à des risques de crises dans un pays ? les milliards économisés pourront-ils ramener la paix, une fois qu’elle est remise en cause ? Est-ce le rôle du Président de la CENI d’enseigner à la classe politique comment économiser ?». L’opposition maintient son désaccord face à la nouvelle réforme qui, selon le président de la CENI, permet de réduire les coûts de l’organisation de l’enrôlement et réitère son soutien aux commissaires de l’opposition tout en indiquant qu’elle n’est pas uniquement l’affaire du chef de fil de l’opposition.

  • L’opposition s’insurge contre l’arrimage ONI-CENI

Les conférenciers du jour n’ont pas manqué d’expliquer en long et en large l’arrimage ONI-CENI. Selon ces explications, la CENI récupérera à l’ONI les données de tous ceux en âge de voter ayant établi leur carte d’identité nationale burkinabè. Cependant, des opérateurs seront chargées de contacter chaque personne par appel ou par sms dans la langue parlée (français, mooré, dioula ou fulfudé) en demandant son avis à figurer sur le fichier électoral. Si oui, l’interlocuteur précisera à son choix, le bureau où il aimerait voter. Chaque adhérent recevra un récépissé d’enrôlement ayant toutes les informations hors mis la photo. Une équipe sera chargée de remettre les récépissés aux personnes concernées. Cela est une sorte de confirmation pour leur enrôlement. Le CFOP dénonce ainsi des risques de fraudes et des insuffisances dans cette méthode d’enrôlement. Les conférenciers n’ont pas manqué de répertorier le taux d’analphabétisme élevé aux Burkina Faso, l’absence de téléphone portable ou le changement de numéro, le réseau mobile défectueux et les sites de connexions parfois saturés. Leur crainte s’affiche à l’appartenance du Directeur général de l’ONI au pouvoir en place. « Avec la fameuse plateforme, le MPP a une mainmise sur le fichier électoral. Or, qui peut manipuler le fichier électoral, peut s’assurer de sa victoire à toute élection », souligne l’opposition. « Il faut donc réviser le Code électoral par une approche consensuelle, pour en extraire les germes de crises. Pour nous, la plateforme idéale, c’est non seulement celle qui coûte moins chère, mais surtout, celle qui nous éloigne des conflits post-électoraux », proposent-ils.

  • L’initiative des marches-meetings du MPP est saluée par le CFOP

Pour les conférenciers, la marche organisée par le CFOP et le soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ont été également emboités par le MPP, ce qui atteste les marches organisées à Ouagadougou, Bobo et Manga. « Nous nous réjouissons de la réponse favorable du MPP et sa majorité à l’appel de l’opposition politique » mais l’opposition déplore l’objectif de leur mouvement pour « soutenir les autorités en place ». Pour eux, cette raison remet en cause leur doléance de limoger le ministre de la sécurité et celui de la défense. « C’est regrettable », font-t-ils remarquer.

Quant au bilan des souscriptions pour soutenir les Forces de défense et de sécurité, le CFOP rassure qu’il sera fait au moment opportun. Pour l’instant, les souscriptions sont toujours possibles dans chaque parti politique car une caisse a été érigée pour collecter les contributions.

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