Campagne d’exploitation faunique 2017-2018 : Accroître la contribution du secteur faunique à l’économie nationale

Le Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique a procédé le mardi 19 décembre 2017 à Pama, chef-lieu de la province de la Kompienga, dans la région de l’Est, au lancement officiel de la campagne d’exploitation faunique 2017-2018. Placée sous le haut patronage du Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, cette campagne se tient sous le thème «Promotion du tourisme intérieur dans les aires protégées pour une optimisation de la valorisation économique et socio-culturelle des potentialités fauniques ». En plaçant la campagne sous ce thème il s’agit de relever les nombreux défis qui se posent au secteur de la faune de sorte qu’elle puisse continuer de jouer ses multiples rôles, à savoir alimentaire, culturelle et socioéconomique.

Le choix de ce thème dénote également, d’une part la volonté du  ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique à  favoriser le débat sur la problématique de la valorisation de nos aires protégées, notamment celle à vocation faunique, et d’autre part à analyser la faisabilité d’une promotion du tourisme interne dans les aires protégées ; l’objectif étant de permettre à ces aires d’être viables et surtout qu’elles continuent de jouer leur rôle de créateurs d’emplois verts et de promoteur du développement socioéconomique.

En effet, la faune représente l’une des plus importantes richesses naturelles renouvelables de notre pays, mais sa gestion est minée par d’énormes difficultés dont l’une des plus importantes reste le braconnage. Au cours des dix dernières années, le Burkina Faso a enregistré un nombre important de cas de braconnage d’éléphants. A cela s’ajoute le tarissement précoce des points d’eau dans certaines aires fauniques ; toute chose qui occasionne des pertes importantes au niveau de la faune, avec des conséquences certaines.

Ainsi, au cours de ces cinq dernières années, l’on a constaté une baisse drastique du nombre de touristes, notamment d’origine étrangère dans les aires de protection fauniques pour le tourisme de vision et la chasse sportive. Par ailleurs, il est à noter l’occupation anarchique de certaines aires fauniques par des exploitants illégaux, le développement de l’orpaillage dans les périphéries et à l’intérieur de ces aires ainsi que l’utilisation de produits chimiques très dangereux pour la faune.

Des mesures pour la réussite de la campagne d’exploitation faunique 2017-2018

 Le ministère de l’Environnement de l’économie verte et du changement climatique a entrepris un certain nombre de mesures en vue de la réussite de la campagne d’exploitation faunique 2017-2018. Il s’agit du respect de la réglementation relative à l’exploitation de la faune, notamment par le recouvrement des taxes et redevances de licences annuelles de gestion des concessions, des licences de guides de chasse, des redevances de permis de chasse, la collecte des taxes d’abattage et le suivi des quotas par zone. Aussi, le département ministériel poursuivra la mise en œuvre du plan triennal du « Projet d’atténuation du stress hydrique sur la grande Faune (PASHF) » qui permettra de réaliser ou de réhabiliter les infrastructures hydrauliques dans les aires fauniques et le renforcement des capacités des acteurs de la gestion de la faune et la mise en place d’un programme de suivi de leurs activités par une équipe pluridisciplinaire.

L’application de ces mesures devrait permettre de renforcer l’état de conservation de nos ressources, d’assurer une meilleure gouvernance des aires protégées, d’améliorer les recettes publiques, et de faire la promotion du secteur faunique au Burkina Faso.

 Campagne d’exploitation 2016-2017, un bilan satisfaisant

 Au Burkina Faso, la faune constitue un important soutien socio-économique de la population. En effet, notre pays dispose de 78 aires classées dont 28 à vocation faunique. C’est ainsi qu’une réforme de la gestion de la faune engagée en 1995 a permis d’instituer une approche tripartite qui implique l’Etat, les communautés locales et le secteur privé afin d’améliorer la gouvernance des aires protégées, d’accroître le cheptel faunique et la contribution de ce secteur à l’économie nationale. Du reste, la campagne d’exploitation faunique 2016-2017 a enregistré un bilan satisfaisant, bien qu’elle se soit déroulée dans un contexte de crise économique et financière internationale, d’insécurité dans la sous-région ouest-africaine, de menaces terroristes, de persistance des effets des changements climatiques, et de la recrudescence du braconnage, surtout celui de l’éléphant.

Au cours de cette saison, l’on a dénombré 303 chasseurs sportifs et 3 443 touristes reçus, le prélèvement de 424 mammifères et 10 513 oiseaux gibiers,  une production de venaison  évaluée à 86,398 tonnes et une recette financière directe de 542 724 544 francs CFA répartie entre le Trésor public, les Concessionnaires, les Communautés riveraines et les collectivités.

Autres acquis remarquables, c’est la participation du Burkina Faso à des rencontres de haut niveau sur la criminalité environnementale et la lutte contre le braconnage des éléphants, la finalisation du processus de reconnaissance du parc d’Arly comme patrimoine mondiale de l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), la régularisation des contrats de gestion pour 16 concessionset, le dédommagement des victimes de dégâts d’animaux sauvage suite à l’adoption du décret n° 2016-111/PRES/PM/MEEVCC/MATDSI du 23 Mars 2016 portant conditions et modalités de réparation des dommages causés par certaines espèces animales sauvages au Burkina Faso.

La chasse est la traque d’animaux dans le but de les capturer ou de les abattre. Elle est soumise à une réglementation et le braconnage est sa pratique en dehors du cadre légal. Selon les dispositions de la loi N°003-2011/AN du 05 avril 2011 portant code forestier au Burkina Faso (art 123), la saison de chasse est déterminée chaque année par arrêté du ministre en charge de la faune. C’est ainsi que la saison 2017-2018 est fixée du 1er décembre 2017 au 31 mai 2018.

 Ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique

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