Algérie : le général Nezzar entendu par la justice militaire pour ses échanges avec Saïd Bouteflika

L’ancien ministre de la Défense et général à la retraite Khaled Nezzar a été entendu par la justice militaire mardi 14 mai, dans le cadre de l’enquête pour « complot contre l’autorité de l’État » visant notamment le frère de l’ancien président Bouteflika. Appris par Jeune Afrique, il est ressorti libre au bout de deux heures.

L’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar a témoigné ce mardi devant le tribunal militaire de Blida sur la tentative présumée de destitution du chef d’état-major. En effet, en mars dernier, les réseaux du général Mohamed Mediène, dit Toufik, sont soupçonnés d’avoir eu l’intention, avec l’assentiment du frère du président, de détrôner  le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah. Les deux suspects ont depuis été placés en détention, de même que le général Athmane Tartag, alias Bachir.

Le général Nezzar a témoigné sur sa rencontre avec Saïd Bouteflika lors d’une audience qui a duré deux heures et de laquelle il est ressorti libre, selon les informations rapportées par la presse algérienne. Si les détails n’ont pas été rendus publics, Khaled Nezzar les avait déjà révélés dans une tribune publiée lundi 29 avril par le site Algeriepatriotique.

« Jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du président, son frère Saïd,  s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées », révélait-il, deux semaines avant sa convocation devant la juridiction militaire. Des déclarations qui ne feront qu’alourdir les accusations contre le frère du président déchu.

Dans le texte, Nezzar revient sur sa première rencontre avec Saïd Bouteflika, le 7 mars, peu après le début du mouvement de contestation contre le régime. Les deux hommes ont ensuite échangé au téléphone « le 30 mars, vers 17 heures ». « Il m’a dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP était en réunion avec des commandants des forces et qu’il pouvait agir contre Zéralda d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major », affirmait Nezzar.

L’ancien ministre de la Défense accusait alors explicitement le conseiller de l’ex-président de complot contre Ahmed Gaïd Salah. En effet, les réseaux de Saïd Bouteflika avaient relancé un vieux plan : proposer à Liamine Zéroual, en retrait depuis sa démission de la présidence en 1998, de prendre la tête de l’instance de transition, en limogeant le chef d’état-major. Mais l’ex-chef de l’État avait refusé. Selon nos informations, un décret de limogeage de Gaïd Salah était déjà prêt le 30 mars.

Dans son courrier, l’objectif affiché de Khaled Nezzar était de « dire jusqu’où était décidé à aller cet homme (Saïd Bouteflika) qui ne voulait pas comprendre que le rideau était définitivement tombé ». Le haut gradé résumait ainsi la menace du frère de l’ex-président : « ce sera l’état d’urgence ou l’état de siège ! »

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