Aid el fitr organisée par le CERFI et l’A.E.E.M.B : Sermon de la prière

Le Cercle d’Etude, de Recherche et de formation Islamique (CERFI) et l’Association des élèves et étudiants musulmans du Burkina (AEEMB) ont organisé une prière de l’Aïd El Fitr le mardi 04 juin 2019 à l’Université Joseph Ki-Zerbo. En effet, la prière a été dirigée par Imam Tiégo TIEMTORÉ, Imam au CERFI et à l’A.E.E.M.B. Lisez plutôt le sermon !

Au nom d’Allah, le Miséricordieux par essence et par excellence

Toutes les louanges sont à Allah, Seigneur des univers. Louanges à Lui pour ses innombrables bienfaits et pour son immense générosité. Il a honoré le croyant par l’accomplissement des bonnes actions qui conduisent à sa proximité et à sa satisfaction.
Serviteurs d’Allah, craignons Dieu et souvenons-nous de Lui, Il se souviendra de nous. Remercions le pour sa guidance et ses dons et n’oublions pas que si « vous voulez énumérer les bienfaits d’Allah, vous n’y parviendrez jamais ». وَإِن تَعُدُّوا نِعْمَتَ اللَّهِ لَا تُحْصُوهَا Coran 14/34
Que sa paix et son salut soient sur le Sceau des prophètes (Saw), sa famille, ses compagnons et les croyants, jusqu’au jour dernier.

Chers frères et sœurs,
Le mois de Ramadan nous tourne déjà le dos, avec tout ce qu’il renferme de bienfaits, de grâces, de privilèges et d’avantages indénombrables,.
Mais en réalité, c’est aussi le cours de notre vie qui s’écoule ainsi.
Soyons donc conscients de cela et profitons de chaque instant, pour accomplir de bonnes œuvres qui plaisent au Seigneur.
Le mois qui s’achève et dont « les jours sont les meilleurs parmi les jours, ses heures les meilleures parmi les heures », nous offre l’opportunité de marquer notre gratitude à l’égard du Seigneur.
En prescrivant le jeûne à la communauté, Il a voulu dans son infinie miséricorde et par sa sagesse, nous éduquer, nous purifier et nous rapprocher de Lui.

Tout comme les autres piliers de l’islam, le Jeûne du Ramadan est un appel vers des valeurs, une station spirituelle de louanges et de purification interne.
L’éducation des sens qu’il promeut incite le croyant, au-delà du mois de Ramadan, à contrôler ses yeux, sa langue, son cœur, son esprit, ses oreilles ; en un mot, à apprendre à se maîtriser pour vivre dans la présence divine permanente.
Mon frère, ma sœur, les veillées, les lectures de Coran, les actes de générosité, les méditations, les prosternations, mais aussi le silence durant ce mois, ont enseigné que le véritable jeûne est celui du voyage du corps vers le cœur : pour te reformer, pour te ramener à l’intérieur, à la première des lumières : la proximité d’avec la source première, sans laquelle on n’a point de repères.
Le Coran proclame : « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles, mais ce sont les yeux du cœur qui le sont », فَإِنَّهَا لَا تَعْمَى الْأَبْصَارُ وَلَكِن تَعْمَى الْقُلُوبُ الَّتِي فِي الصُّدُور Coran 22/46.
Dans le silence de la nuit, le cœur, les larmes, les longues prosternations, les versets psalmodiés, les yeux embués de larmes de crainte, la concentration dans des invocations, la méditation sur la création et ses propres fautes, le zikr, sont autant d’instants de forte spiritualité sur la route qui conduit à Allah.

En nous exerçant à l‘éthique de l’action et la quête de l’excellence dans notre rapport vertical avec Dieu et horizontal avec ses créatures, le mois de Ramadan nous incite à vivre un Islam de compétitivité, de performance et des finalités ; qui fait sortir ‘’des ténèbres vers la lumière’’ مِنَ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ (Coran 14/1).
Les leçons spirituelles et sociales du mois de Ramadan, montrent toute la profondeur de l’Islam, qui n’est pas que culte pur, mais aussi, une spiritualité, un message, un code de vie. Elles nous édifient sur la sagesse divine qui éduque les sens, les gestes et les attitudes, pour faire de chaque musulman, un dépositaire de miséricorde et de grâce : «Nous t’avons seulement envoyé comme une miséricorde aux mondes». Et cette rahmat doit toucher toute créature.
Eduquer le cœur, enseigner la solidarité, éveiller des sentiments telles que la compassion ou la solidarité envers les autres, ou encore de s’armer de patience et apprendre à mieux se contrôler ; on voit là, que la véritable finalité du jeûne est d’éduquer tous les sens pour qu’ils fassent plus de bien que de mal et pacifient les relations avec les autres.
Ainsi, un homme éduqué par les enseignements du Coran, transmet des valeurs et une éthique de l’existence et se comporte comme un bâtisseur de communautés et participe à la construction de l’humanité, car généreux, pacifique, intègre, respectueux et solidaire des autres.
Assurément, c’est l’une des meilleures et des plus belles écoles de la vie et il faut être reconnaissant à Allah. « Et que vous proclamez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants »
وَلِتُكَبِّرُوا اللَّهَ عَلَى مَا هَدَاكُمْ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ (Coran 2/185)
C’est pourquoi, Chers frères et sœurs, tous les acquis du mois ne doivent pas disparaître avec lui.
Autant de belles leçons de foi et de vie apprises et pratiquées, ne sauraient s’évaporer après le ramadan.
Bien au contraire, on doit les consolider et les fructifier, en vue d’être parmi les ‘’rapprochés’’ d’Allah.
Parmi les enseignements à perpétuer, le rappel de Dieu, le sens de la générosité, la maîtrise de nos sens, le sens de l’invocation comme viatique du musulman ; et surtout, la pratique de la prière nocturne.
Le Coran vante les mérites de « ceux qui s’arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur par crainte, espoir et par convoitise de la meilleure place dans la vie future » تَتَجَافَى جُنُوبُهُمْ عَنِ الْمَضَاجِعِ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ خَوْفًا وَطَمَعًا (Coran 32/16).
Le ramadan est le jeûne obligatoire. Ce qui veut dire qu’il y a des Jeûnes surérogatoires pour se rapprocher davantage de Dieu.

On peut citer ceux des lundis et jeudis ; les six jours durant le mois de Chawwal, qui suit Ramadan ; les trois jours à la moitié du mois lunaire ; le jour d’Arafat, les mois de Rajab, Chaaban ; les dix premiers jours du mois du pèlerinage, le jeûne du Prophète David, un jour sur deux ; le mois de Mouharram, etc.
Le Messager de Dieu (saw) dit : «Chaque fois que quelqu’un jeûne un jour par amour de Dieu, Dieu éloigne son visage du feu de l’Enfer, d’une distance égale à celle qu’on parcourt en soixante-dix ans de marche».
L’Islam est une voie qui nous fixe un sens des finalités et nous guide vers un horizon de valeurs.
C’est un message sublime dans sa profondeur et dans sa capacité à transformer l’individu et la société, par la saine compréhension et la bonne pratique des préceptes.
Aujourd’hui le ramadan, demain la zakat, le pèlerinage aux lieux saints, et toujours la prière. Tout nous ramène à cette sagesse divine : la foi, c’est s’éduquer pour savoir cheminer avec les hommes sur la terre de Dieu, avec ses signes et ses enseignements.

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Cette présence citoyenne portée par la foi et la spiritualité, nous exige un engagement qualitatif au service des communautés humaines.
Dans un contexte d’insécurité et de défis de tous ordres, le musulman est plus qu’interpellé à être de tous les combats qui apportent du bonheur aux créatures divines et promeut le développement socio-économique.
Pour l’Islam porter la foi, c’est assumer une responsabilité devant Dieu et devant les hommes.
Cette responsabilité fait du musulman, un agent actif de développement.
La foi devient alors, un vecteur d’épanouissement individuel et collectif.
Le Coran ne cesse de rappeler le lien qui existe entre l’adoration de Dieu et le service rendu aux humains. Adorer Dieu, c’est aussi être proches des créatures.
Les actes cultuels prescrits ont pour finalité d’éduquer le croyant et de faire de lui, un homme de bien.
Un hadice du Prophète Mohamad (paix et salut sur lui) indique que « Toute la créature constitue la famille de Dieu. Celui qu’Allah aime le plus, est celui qui est utile à cette famille ».
Tout ce qui concerne la marche du pays doit intéresser le musulman.
Notre foi induit une responsabilité vis-à-vis de Dieu, mais aussi des hommes. Un bon musulman ne peut qu’être un bon citoyen et préoccupé des aspirations de ses concitoyens, car la vision de l’Islam est de construire une communauté forte et de référence, dont le symbole est la miséricorde apportée à l’humanité, au-delà des différences.
Notre rôle de communauté exemplaire (خَيْرَ أُمَّةٍ Coran 3 :110) nous invite à relever le défi de la citoyenneté responsable et la visibilité de l’engagement. Accompagner les hommes et non les juger, c’est-à-dire avoir le geste qui apaise, le sourire qui rassure, la main qui secoure, le cœur qui aime. En un mot comme en mille, vivre l’Islam, c’est vivre avec les autres, parmi les autres et leur être utile.
‘’Nous vous avons créés à partir d’un homme et d’une femme et fait de vous des nations et tribus pour que vous tissez des liens entre vous. Mais sachez que le meilleur d’entre vous est celui qui a la crainte de Dieu’’
إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ (Coran 49 :13).
Si l’on veut se rapprocher de Dieu, l’on a l’obligation de se rapprocher de ses créatures et de leur faire du bien.

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Cette ambition légitime d’être utile à nos communautés, est aujourd’hui portée par la Fédération des associations islamiques du Burkina(FAIB), mise en place depuis quelques années et qu’il faut accompagner par nos prières.
Cette fédération doit constituer le symbole vivant de l’unité des musulmans, tant désirée et gage d’une meilleure organisation de notre Ummah.
Elle doit inciter les musulmans à se départir des clivages et des querelles byzantines et à se concentrer sur l’essentiel, conformément aux exigences de sincérité de notre religion.
Sous la bannière de la Fédération, il apparait important d’adapter le discours islamique dans un contexte de terrorisme : Prêcher un Islam de finalités et du vivre-ensemble, en conformité avec les enseignements fondamentaux des textes islamiques qui honorent l‘être humain et codifient les rapports avec tout notre entourage.
Vivre ensemble selon l’Islam : aller à la rencontre des autres, partager des valeurs universelles de l’espèce adamique, s’engager dans les causes qui consolident la dignité humaine.

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Chers frères et sœurs,

Cette ambition de vivre-ensemble est perturbée depuis quelques temps dans notre pays, qui vit des épreuves douloureuses : attaques terroristes, conflits communautaires, assassinats ciblés, attaques des édifices religieux (musulmans et chrétiens).
Ne nous trompons pas d’adversaire : l’objectif est de saper les fondements de notre pays, de nous transformer en ennemis, de lui faire faire des bonds en arrière, le déstructurer et le maintenir en lambeaux.
Les actes terroristes n’épargnent personne : des leaders religieux de tous bords aux personnels civils et militaires.
Aussi, devrons-nous être très vigilants pour éviter de tomber dans les divisions ethnicistes et religieuses.
C’est pourquoi, il est impératif de cultiver sans cesse le vivre-ensemble et la cohésion sociale, socles indispensables pour le devenir de notre pays, qui est un héritage commun.
Le vivre-ensemble se présente comme une exigence fondamentale de toutes les communautés humaines, au regard de la diversité des croyances et l’Islam dans ses fondements, nous éduque à faire de la foi, un facteur de paix, de progrès et de cohésion sociale et être un citoyen utile aux autres.
La variété et la diversité humaines sont considérées comme faisant partie de la miséricorde de Dieu. Les peuples sont invités à aller au-delà de la simple coexistence et de chercher activement à s’entendre mutuellement et à nouer des relations d’entraide et de respect mutuel.
Cette diversité humaine est une loi divine qu’on trouve dans le Coran. « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre -connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. Dieu est certes Omniscient et Grand- Connaisseur. »
يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ (Coran 49/13).
Sur la diversité des couleurs et des idiomes, le Coran dit : « Et parmi ses signes, la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a, en cela, des signes pour ceux qui réfléchissent ».
وَمِنْ آيَاتِهِ خَلْقُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلَافُ أَلْسِنَتِكُمْ وَأَلْوَانِكُمْ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَاتٍ لِّلْعَالِمِينَ (Sourate 30/22)
Se connaitre, c’est s’apprécier, reconnaitre les valeurs de l’autre et se compléter.
C’est bien un Dieu Unique qui a créé les êtres humains et c’est lui qui a instauré cette diversité.

Mieux, Allah explique ces différences par le fait qu’il veut impulser la saine compétition et l’émulation entre les humains, dans leurs élans de bonté : «Concurrencez-vous donc dans les bonnes œuvres ». Les législations et les croyances peuvent différer, mais les notions de bien, de vrai, de juste et de l’éthique, resteront les mêmes pour tous les humains, de tous les temps et tous les espaces.
Au-delà de la tolérance, l’islam dispose qu’il y a ‘’un droit d’être et un devoir de présence’’.
Le chrétien, le musulman, le juif, le non-croyant, chacun a le droit d’être là, parce que Dieu l’a voulu ainsi ; et un devoir de présence pour le musulman, pour accompagner, avec sa foi, les êtres humains sur le chemin des valeurs.
Les musulmans doivent vivre avec les autres sur l’unique espace-terre ; ce qui suppose le voisinage et la collaboration, la co-construction, le vivre ensemble pour promouvoir des valeurs.
Certaines valeurs sont à portée universelle, comme l’équité, la lutte contre l’injustice, le respect des droits humains, l’égalité.
Et l’Islam a vivement encouragé la coopération avec les non musulmans pour promouvoir ces valeurs.
«Certes, Dieu commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la désobéissance». إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ وَإِيتَاءِ ذِي الْقُرْبَى وَيَنْهَى عَنِ الْفَحْشَاءِ وَالْمُنكَرِ وَالْبَغْيِ (Sourate 16/90).

Observons comment le vécu du Prophète Mohamad (psl) est rempli de faits illustrant à merveille son sens du dialogue et du respect des autres.
Il faisait preuve d’une grande sensibilité et de respect dans ses relations avec «les Gens du Livre». Il interdisait de faire du mal aux non-Musulmans et demandait aux Musulmans de bien les traiter.
Il dit un jour : «Celui qui fait du mal à un Juif ou à un Chrétien trouvera en moi, son adversaire au Jour du Jugement»
Quand une délégation de Chrétiens d’Abyssinie vint à Médine, le Prophète les hébergea dans une mosquée et prit personnellement soin d’eux. En leur servant à manger, il leur dit qu’ils avaient été si généreux et obligeants envers ses compagnons qui avaient émigré dans leur pays, qu’il tenait à les honorer lui-même.
Lors du séjour de Chrétiens de Najrân à Médine, le Prophète Mohamed (psl) les reçut dans sa mosquée et discuta avec eux.
Il rendait visite aux chrétiens et juifs de Médine ; il recevait dans la mosquée de Médine, des délégations non-musulmanes et se levait pour honorer tout convoi funéraire, quelle que soit la croyance du défunt.
Quand ses compagnons s’étonnèrent, il leur dit : «Je me lève pour honorer la créature.» Honorer la créature, c’est honorer le Créateur.

Dans sa globalité, le Coran fait référence à des principes universels et à des valeurs fédératrices, tels que le respect de la dignité humaine, le respect de la liberté de religion, le principe de justice et de non-discrimination, la préservation de la paix, la bienveillance envers autrui et le respect des autres.

L’Union des religieux et coutumiers du Burkina Faso pour la santé et le développement (URCB/SD) est un modèle de collaboration entre différents itinéraires spirituels.
Vivre avec tout le monde, dans la diversité et la compréhension mutuelle : plus qu’un défi, c’est une exigence.
«Dieu a créé cet univers et voulu la diversité. La diversité, c’est l’ordre du monde, nous devons gérer la diversité, c’est la loi de la création».

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Dans ces moments tragiques que vit notre pays, il urge d’appeler à l’union sacrée.
Quand une nation est en danger, on tait les clivages, on cache ses faiblesses devant l’ennemi et on se montre unis.
Le Burkina Faso doit se nourrir d’ambitions à la hauteur des nobles et légitimes attentes des populations qui ne demandent qu’à vivre en paix, dans la stabilité et le progrès social et économique.
Autant il est légitime de demander de meilleurs conditions de travail pour toutes les corporations afin qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes, autant il appartient aux Gouvernants d’œuvrer à apporter des réponses concrètes, sans démagogie, dans les limites de l’acceptable et sans oublier les générations à venir.
En tout état de cause, seul un dialogue franc et sincère, dans un climat apaisé, peut rassurer tout le monde.
Face à la crispation du climat social et la détérioration de la situation économique, il est important pour le Chef de l’Etat de monter lui–même au créneau et appeler à un ‘’Pacte républicain’’ en conviant toutes les forces vives autour de l’arbre à palabre, dans la pure tradition de nos devanciers.
Tous les acteurs devront chercher à privilégier l’intérêt de la nation.
Cela passe par une offre politique de qualité et qui place l’intérêt général au-dessus de tout.
Tout en saluant l’engagement de toutes ces femmes et ces hommes de tous horizons qui se battent quotidiennement pour que le Burkina Faso ait un meilleur destin, nous devrons nous convaincre que c’est moins dans les textes que dans le changement de mentalités et de comportements que réside le progrès.
« Dieu ne change pas l’état d’un peuple, si ce peuple n’entreprend pas une démarche interne de réforme ».
Les Burkinabé aspirent à un développement harmonieux et partagé.
Et nos dirigeants devront être attentifs aux défis liés à la souveraineté alimentaire, la réduction de la pauvreté, le chômage des jeunes, les conditions d’études de plus en plus dégradantes dans les universités, la répartition équitable des fruits de la richesse, le récurrent déficit énergétique, la corruption, la préservation de la paix et la cohésion sociale, la protection des libertés publiques et le respect des différences.
En un mot, promouvoir une gouvernance politique, institutionnelle, administrative et économique de qualité.

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Chers frères et sœurs,
Dans cette quête de bien-être, comment ne pas être solidaires de tous les peuples, à la recherche de la paix et d’une stabilité durable, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, sur la terre des hommes.
Nos prières et invocations accompagnent tous les éprouvés d’ici et d’ailleurs.
Ces mêmes élans de solidarité et de compassion sont pour le peuple palestinien qui vit toujours le martyr et l’injustice au quotidien, dans une indifférence sélective.
Que le dialogue israélo-palestinien au point mort, puisse reprendre et apporter réconfort et paix à cette partie du monde, berceau des plus importants itinéraires spirituels.

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Chers frères et sœurs,
C’est une fête à vivre en groupe car c’est un moment de partage. On y partage la prière, le repas, les sourires et les cadeaux. C’est le moment de chasser l’égoïsme, c’est le moment de rappeler à toutes et à tous que nous sommes une religion d’amour, de rencontre et de solidarité.
Mais en toutes choses, le musulman reste sobre et évite le gaspillage.
Aussi au niveau des réjouissances, il nous faut retenir que ce qui est interdit avant la fête, le demeure pendant et même après.

Chers frères et sœurs,

En ce jour de mémoire et de remerciement, Il nous faut marquer notre compassion et notre solidarité à l’égard de tous ces hommes et femmes qui souffrent sur la terre de Dieu :
-Parce qu’ils ont perdu leurs emplois, traînent des maladies, parce qu’ils sont orphelins, endettés, pleins d’angoisses et du mal de vivre.
Toutes ces épreuves, en plus de la mort d’êtres chers, la misère et la pauvreté, la méfiance, la peur et le désespoir, bafouent la dignité des fils d’Adam.
A tous ceux qui sont éprouvés, Dieu, parce qu’il est plus proche de nous que notre veine jugulaire, (Coran 2/187), a interdit de se décourager et d’aller au désespoir.
Au plus fort des souffrances et des douleurs, les premiers musulmans tourmentés, chassés de leurs demeures et exilés, crièrent : « A quand l’aide de Dieu ? Dieu répondit : l’aide de Dieu est toute proche», (Coran 2/215).
Résister, se battre, lutter et tous les jours, persévérer. Du haut des sept cieux, Dieu proclame : « Ceux qui luttent pour protéger leur foi, Nous les guiderons sur notre voie. Dieu est avec les bienfaisants », Coran 29 :70
Gardes le lien permanent avec Dieu : ‘’Ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Dieu et Dieu fît qu’ils s’oublièrent eux-mêmes’’ (Coran 59/19-21).
‘’Souviens-toi de moi, je me souviendrai de toi ‘’ فَاذْكُرُونِي أَذْكُرْكُمْ Coran 2 : 152
Le mystique Hassan Basri disait à son disciple : « Un homme n’est qu’un ensemble d’heures, de jours et d’années ; prends soin à ne pas être consommé par le temps ».
Habillons-nous des vêtements de la piété, ce sont les meilleures parures, dit le Coran.
Bonne fête de Ramadan à toutes et à tous !

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