18 soldats tués au Niger : le groupe État islamique dans le grand Sahara revendique l’attaque

Cette revendication survient alors que s’ouvre le 4 juillet à Niamey un sommet de l’Union africaine qui doit réunir une cinquantaine de chefs d’État. Appris par Jeune Afrique, « plusieurs milliers d’hommes » ont été mobilisés dans la capitale, a annoncé Mohamed Bazoum, le ministre de l’Intérieur.

« Les soldats du califat ont attaqué la base militaire d’Inates il y a deux jours », selon un communiqué de l’État islamique dans le grand Sahara (EIGS) repris par l’organisme américain de surveillance des mouvements extrémistes, SITE.

Selon le message de l’EIGS, deux kamikazes se sont faits « exploser à l’intérieur de la base ». « Après, les combattants ont attaqué le périmètre », selon le texte qui parle d’une bataille de « plusieurs heures » et qui évoque des dizaines de morts. L’EIGS assure que ses combattants ont fait fuir les soldats, se sont « emparés d’armes » et sont « retournés sains et saufs dans leurs positions ».

Mardi, le ministère de la Défense avait fait état d’un bilan de 18 soldats tués et de 4 disparus. Selon une source du ministère de l’Intérieur mercredi, les 4 disparus s’expliquent par une mauvaise comptabilité des troupes présentes au moment de l’attaque.

Cette première attaque d’une base de l’armée a « commencé avec l’explosion de deux véhicules kamikazes à l’entrée du camp suivie des tirs des terroristes venus à motos. La riposte avec l’appui aérien des partenaires (français et américain) a permis de mettre l’ennemi en déroute hors de nos frontières », avait expliqué le ministère de la Défense mardi.

C’est dans cette même zone que 18 combattants de l’EIGS ont été tués lors d’une opération conjointe des forces armées nigériennes, françaises et américaines menée du 8 au 18 juin dans l’ouest du Niger. Cette opération s’était déroulée dans la région frontalière nord de Tongo Tongo, où est actif un groupe de l’EIGS impliqué dans l’embuscade du 14 mai 2019, qui avait coûté la vie à 28 soldats nigériens.

Cette revendication survient au moment où Niamey accueille du 4 au 8 juillet un sommet de l’Union africaine, où une cinquantaine de chefs d’État sont attendus. « Nous avons un dispositif spécial de plusieurs milliers d’hommes » dans la capitale, a assuré Mohamed Bazoum, le ministre de l’Intérieur, qui s’est dit « confiant ». S’il n’a pas voulu dévoiler les chiffres exacts de la présence sécuritaire, il a toutefois souligné qu’en plus « des milliers de policiers », il y avait des « milliers de militaires » déployés. « Nous n’avons rien retiré ailleurs », a-t-il précisé.

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