mardi 21 octobre 2014

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   Une victime de kidnapping témoigne

mardi 6 novembre 2012

Victime d’un enlèvement de 16 jours,soit du 23 août au 8 septembre 2012, Noraogo Joseph Bamogo,animateur à Compassion International, une ONG de parrainage axée sur les enfants et dont le siège est basé à Colorado aux Etats-Unis, a pu s’échapper des mains de ses ravisseurs. Informés de ce fait insolite, nous sommes allés à la rencontre de la victime le 1er novembre dernier. Voici son récit.

« Le Pays » : Vous dites avoir été victime d’un enlèvement par des inconnus alors que ces derniers vous demandaient un service. Pouvez-vous nous retracer les circonstances de cet évènement ?

Noraogo Joseph Bamogo :C’est le 23 août 2012dans la matinée que j’ai été victime de cet enlèvement. Mais la veille, c’est-à-dire la nuit du 22 au 23 août, j‘étais avec un ami à l’Escale (un maquis très connu dans la ville de Kaya) jusqu’à 22h. Lorsque nous nous séparions, il m’a confié son téléphone portable pour que je charge la batterie, en m’expliquant qu’il est dans une zone où il n’y a pas d’électricité. Donc le 23 août vers 6h 30, mon ami tardait à venir pour retirer son portable et moi aussi, je me préparais pour aller au service à 7h. C’est à ce moment que j’ai décidé d’aller lui remettre son portable et c’est de retour de chez mon ami que j’ai été accosté par deux hommes inconnus, bien habillés en veste, dans unvéhicule 4x4. Ils se sont arrêtés, et m’ont salué en me serrant la main. Puis, ils m’ont demandé de leur indiquer la voie qui mène à un village non loin de Kaya si mon temps me le permettait. Chose que j’ai refusée en leur disant que j’étais occupé. A ma grande surprise, quand je suis arrivé chez moi, à peine la porte ouverte, les deux messieurs m’ont rattrapé à la porte insistant de leur rendre un service. Cela m’a beaucoup ému. Je leur ai dit d’attendre, je vais rentrer me préparer pour le service avant de les accompagner. Je suis sorti de chez moi avec ma moto et je leur ai dit que je vais leur indiquer le chemin et repartir au service. Ces messieurs ont rétorqué que comme ils sont en voiture et qu’il y a de la place, ce seraitgênantpoureuxque quelqu’un les accompagne avec un engin à deux roues. Ils m’ont rassuré qu’ils vont me ramener le plus tôt possible. Les gens aiment le dirent : « Le malheur ne prévient pas ». J’ai fait rentrer la moto et je suis monté dans la voiture. Une fois embarqué dans le véhicule, à moins de 10 minutes, je me suis profondément endormi. Et de 7h, je me suis réveillé aux environs de 14h. Quand j’ai regardé à travers les vitres du véhicule,j’ai constaté que le paysage a changé parce qu’il n’y avait pas de grands arbres. C’était comme dans le sahel. C’est là que j’ai compris que j’étais en danger. J’ai mis mes mains dans mes poches pour retirer mes portables et alerter qui de droit. J’ai trouvé que je n’avais plus mes deuxtéléphones portables. Comment faire ? J’ai gardé mon sang froid. Je me suis endormi de nouveau. On a circulé dans la nuit jusqu’aux environs de 10h le lendemain ; c’est-à-dire le 24 août. Je savais qu’on avait quitté le Burkina. Mais où sommes-nous ? Mystère et boule de neige.

Tout au long du voyage, avez-vous pu communiquer avec vos ravisseurs ?

Non.Donc, entre 10h et 11h, ils m’ont emmené dans une grande maison où il y avait beaucoup d’autres personnes, victimes de la même situation.

Dans quel état avez-vous trouvé les autres otages ?

Ils étaientindifférents à leur sort. Personne d’entre eux ne se plaignait de sa situation. Encore un autre danger. J’ai fait 12 jours dans la cour et c’est le 12ejour que j’ai pu m’évadergrâce à l’aide d’un vieux gardien qui était à la porte. Un jour, les ravisseurs ont apporté du bois devant la porte et ils ont dit au gardien de les placer dans la cour. J’ai observé la corvée du vieux et en bon « moaga », je n’ai pas pu me contenir. Je me suis levé, comme guidé par un esprit, diront peut-être certains, et je me suis mis à ramasser le bois avec le vieux durant 3 à4 heures de temps. C’est à l’issue de cela qu’une causerie s’est établie entre lui et moi. Il parlait difficilement le français mais j’arrivaisà le comprendre tout de même. Il me demandait d’où je venais et je lui ai répondu que je venais de Kaya, province du Sanmatenga. Il a fallu que je lui dise que je viens du Burkina pour qu’il ait une idée sur mon origine. Donc, la nuit vers minuit, le vieux m’a ouvert la porte et il m’a indiqué une voie goudronnée que je ne devrais pas emprunter parce que c’est le chemin de mes ravisseurs. J’ai pris une voie forestière, j’ai marché 4 à 5 km, j’ai dormi dans la forêt. Le lendemain matin, j’ai continué le chemin de la recherche de mon salut. J’ai croisé une autre voie goudronnée que j’ai empruntéeà la marche de 5h à 15h pour une ville. C’est à travers une inscription sur un mur que j’ai pu lire : République de Côte d’Ivoire, département de Tanda, sous- préfecture de Bondoukou. Je ne parlais que le mooré, juste dans le but de rencontrer un parent. Après plusieurs tentatives vaines, j’ai pu rencontrer un moréphone. Je lui ai expliqué sommairement ma situation, n’ayant plus confiance en personne. Curieusement et par coïncidence, ce dernier était un Kayalais originaire du village de Dablo. J’ai eu confiance et je lui ai expliqué réellement mon calvaire. Il m’a accompagné en payant nos transports, lui et moi, pour le Ghana. De là, il m’a confié à des policiers qui, à leur tour, m’ont confié à un conducteur de citerne. Ce conducteur en a fait autant à un autre poste de police jusqu’à ce que je me retrouve à Ouagadougou.

Revenons sur votre séjour dans la fameuse grande maison. Que faisiez-vous dans cette maison de captivité ?

On ne faisait rien. Personne ne communiquait avec nous. Chaque midi, on nous envoie du repas et chacun se sert. Depuis qu’ils m’ont emmené dans la maison, je l’ai quittée sans revoir mes ravisseurs. J’ai demandé au vieux pour savoir ce qu’ils voulaient de nous. Ce dernier m’a parlé de sacrifices d’hommes en fin d’année. C’est à partir de cet instant que j’ai fait mon analyse : « C’est un réseau qui vend avec certaines autorités des hommes pour leur sacrifice humain, car il y a des autorités qui ont dans leur coutume des pratiques de ce genre. Donc le lieu est un réservoir où certaines autorités se servent ».

Comment vous vous portez actuellement ?

Deux semaines après mon retour, je suis allé me faire consulter en psychiatrie mais, j’ai trouvé que je n’avais aucun problème. J’ai repris service le 8 octobre 2012.

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit de vosconcitoyens qui vous liront ?

J’invite tout le monde à faire beaucoup attention, surtout avec les salutations par les prises de main. Je pense que c’est parce que j’ai serré les mains de ces fautifs qu’ils ont pu m’entraîner dans cette spirale de difficultés. Prévenez toujours quelqu’un avant de rendre un service comme le mien à un inconnu. A l’endroit de tous ceux qui me connaissent, je leur demande d’être vigilants car, ces personnes malintentionnées peuvent les appeler ou leur envoyer des messages à travers mes portables qu’ils ont confisqués et qui contiennent tous les numéros de mes connaissances pour donner de fausses informations. J’en veux pour preuve : les mêmes gens ont envoyé des messages à mes derniers appelants au moment de ma captivité, leur signifiant que je suis allé en Europe pour un an. Chose que mes amis et parents ont niée connaissant ma situation. En effet, ma femme venait d’accoucher. Je demande à la presse et à tous ceux qui me liront de propager l’information avecbeaucoup de personnes afin qu’elles sachent que de tels sujets ne sont pas des mensonges, mais des réalités qui peuvent arriver à d’autres personnes.

Propos recueillis par Boureima KINDO (Correspondant)

Le pays

Publié par Faso Actu

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